Vocabulaire de l’économie et de la finance : retrait massif des anglicismes

Big tech, shrinkflation, bank run… Ce ne sont que quelques exemples d’anglicismes qui prospèrent dans le secteur de l’économie et de la finance, que les experts du domaine ont pris soin de nommer en français et de définir. Découvrez ce vocabulaire publié par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel du 12 février 2026.

Dans cette liste, plusieurs réalités concernent de près les consommateurs, les clients ou les professionnels, d’autres désignent des concepts plus abstraits.

Des réalités du quotidien

Votre banque vous permet peut-être de profiter du système de banque ouverte (open banking) : grâce à ce dispositif, vous pouvez par exemple consulter dans l’application mobile de votre principale banque l’état de l’ensemble de vos comptes, même ceux que vous détenez dans un autre établissement bancaire.

Un commerçant ou un professionnel vous propose de le payer en utilisant son mobile multifonction ? On parle d’encaissement sans contact (tap to pay). Question de paiement toujours : lorsque le montant à régler par carte dépasse un certain seuil (généralement 50 €), le paiement avec authentification (PIN online) permet de payer tout de même sans contact, en composant un code d’identification.

Plusieurs stratégies commerciales, que les désignations en anglais n’éclairent guère, dissimulent au consommateur l’augmentation du coût d’un produit. Les experts nous apprennent ainsi à déceler :

– une hausse de prix cachée à qualité constante, obtenue en changeant la quantité par unité de conditionnement. Cela correspond à ce que l’anglais appelle shrinkflation (quand la quantité diminue, mais pas le prix) ou stretchflation (quand la quantité augmente, mais que, en proportion, le prix augmente davantage encore) ;

– une hausse de prix cachée à qualité moindre (cheapflation) : certains ingrédients, matériaux ou composants d’un produit sont remplacés par des substituts de moindre qualité, pour un prix constant côté consommateur.

Dans l’univers de la finance

Le concept de bank run, notablement illustré par la faillite de la Silicon Valley Bank en 2023, a plus récemment été évoqué dans les médias lors des périodes d’instabilité politique. Plutôt que de parler de panique bancaire (terme publié en 2008), les experts proposent aujourd’hui le terme retrait massif de dépôts, qui reflète plus concrètement le phénomène.

Par ailleurs, les experts rappellent les deux acceptions de l’anglicisme fintech, en usage dans les milieux professionnels : celui-ci peut désigner la finance technologique, ou fintech, secteur des activités financières qui recourt aux innovations techniques, ou une entreprise de ce secteur – l’entreprise de finance technologique.

Pour désigner ces entreprises dominantes qui offrent un service informatique tout en collectant et en exploitant les données des utilisateurs (fournisseurs de moteurs de recherche, de réseaux sociaux en ligne...), les termes géant du numérique et mégafirme numérique seront préférés à big tech.

Deux notions soulignent la prise en compte des questions environnementales et sociales par le secteur de la finance : l’investissement à effet social ou environnemental ou IESE (impact investing) et l’obligation à coupon lié à la durabilité ou OCD (sustainability-linked bond, SLB).

Enfin, la Commission entérine le néologisme décroissantisme, pour désigner la doctrine qui prône une décroissance de l’activité économique, en matière de production et de consommation.

 

Consultez également les autres termes de cette liste déposés dans notre banque terminologique :

chargé, -e de clientèle, compte d'économies, contractualisation interne, enrôlement (d'un client), enseigniste, négoce communautaire, négoce d’actifs, négoce de matières premières, négoce mimétique, (politique de) resserrement monétaire, régime de paiement, travail au vert.