La structuration d’une filière française des batteries compétitive, annoncée par le gouvernement au printemps 2026, répond à une ambition de souveraineté industrielle. Or, celle-ci ne va pas sans le vocabulaire français adéquat afin de communiquer sur ces solutions d’avenir, qui concernent tant l’électrification des véhicules que tous les petits équipements technologiques que nous utilisons au quotidien. Pour la deuxième fois (cf. la première liste du vocabulaire des batteries parue fin 2024), les experts de la chimie et des matériaux se sont donc associés à ceux des énergies, de l’environnement et de l’automobile pour élaborer une liste de termes, publiée par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel du 4 octobre 2026.
Les experts se sont ici attachés à nommer et définir plus particulièrement les concepts liés à la charge et à la décharge des batteries, ainsi qu’aux risques inhérents à ce produit industriel.
Questions de charge
Les experts ont souhaité préciser certaines notions qui semblent familières, mais qui font parfois l’objet de confusions. Par exemple, le taux de charge, exprimé en pourcentage, désigne le rapport entre la quantité d’électricité accumulée par un accumulateur électrochimique et sa capacité utile. C’est de façon impropre que le terme est parfois utilisé pour parler de la quantité d’électricité qui est stockée dans un accumulateur par unité de temps : il s’agit là de la vitesse de charge.
De la même manière, le taux de décharge ne doit pas être confondu avec la vitesse de décharge.
En publiant également le terme vitesse d’autodécharge, les experts nous rappellent que, même si elle n’est pas utilisée, une batterie peut se décharger, plus ou moins lentement en fonction de différents facteurs.
Enjeux de sécurité
Cette liste aborde également le risque d’emballement thermique (thermal runaway) dans les batteries, au sujet duquel les médias nous alertent parfois : cette réaction, provoquée par une surchauffe, un court-circuit, un choc violent ou l’intrusion d’un corps étranger, peut conduire à un incendie ou à une explosion.
Mais, à ce jour, toutes les batteries ne sont pas égales devant ce phénomène, y compris parmi les batteries lithium-ion. Ainsi, la batterie lithium-nickel-cobalt-aluminium ou LNCA, dont le nom décrit la composition de l’oxyde lamellaire mixte utilisé comme matériau d’insertion, présente un risque d’emballement thermique élevé. De nombreux autres avantages en font néanmoins une batterie prisée pour les voitures électriques ainsi que pour les petits appareils tels que mobiles et tablettes. En revanche, dans la batterie au titanate de lithium (souvent appelée batterie LTO par les professionnels), ce matériau d’insertion innovant renforce la sécurité et la stabilité.
Outre la composition chimique, divers dispositifs mécaniques à l’intérieur de la batterie permettent de prévenir un emballement thermique ou de minimiser ses conséquences : c’est le cas de l’évent d’urgence (burst disk), un opercule qui s’ouvre si besoin afin d’abaisser la pression dans le bloc de batterie.
Quant au système de gestion thermique de la batterie ou GTB (plutôt que BTMS, utilisé pour battery thermal management system), il permet le cas échéant de refroidir les accumulateurs électrochimiques (ou de les réchauffer dans d’autres circonstances).
Enfin, si le terme déchets de piles et de batteries est transparent, sa définition est l’occasion de rappeler que la question de leur traitement se pose tout au long du cycle de vie de ces produits, et plus particulièrement lors de leur fabrication et après leur utilisation.
Si vous vouez une passion sans bornes aux batteries, vous serez ravis de découvrir trois termes supplémentaires : batterie à circulation, plaque thermique, (structure de) cellules en bloc ou SCB.

