Le vocabulaire de l’informatique et des télécommunications fait sa mise à jour

Plugin, embed code, VPN… notre quotidien sur écran est parsemé d’anglicismes dont la signification exacte nous échappe bien souvent. Afin de nommer et définir des notions récentes et d’expliciter ou mettre à jour des réalités déjà connues, les experts de l’informatique et des télécommunications ont établi deux listes de termes, publiées par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel du 19 février 2026.

Sont présentés ici les termes propres aux télécommunications d’une part, et les termes relatifs à différents aspects de l’informatique d’autre part.

Vocabulaire des télécommunications

Si le sigle anglophone LPAR (pour logical partition) se répand en français, la Commission rappelle, en l’adoptant, que l’expression partition logique est en usage de longue date, et plus transparente.

Définie par un processus logiciel pour être exploitée comme une ressource indépendante, la partition logique d’un ou de plusieurs serveurs physiques est un serveur virtuel, celle de réseaux physiques est un réseau virtuel.

La partition logique permet également de créer plusieurs réseaux virtuels sur un même réseau physique : c’est le découpage en réseaux virtuels (network slicing).

Les réseaux privés virtuels nous sont devenus particulièrement familiers avec la banalisation du télétravail ; mais pourquoi ne pas parler de RPV, plutôt que de VPN (pour virtual private network) ?

Vocabulaire de l’informatique

Virtuelle, la machine tout entière peut l’être également : c’est ainsi (machine virtuelle) qu’on appelle un logiciel qui simule le fonctionnement d’un ordinateur. Toujours du côté des ressources logicielles et matérielles, la Commission entérine les termes jeu d’instructions (instruction set), lesquelles sont mises en œuvre par un programme lors de son exécution, et processeur graphique.

Ce dernier est notamment utilisé pour améliorer les performances des programmes d’intelligence artificielle. Deux autres concepts de la liste représentent des avancées dans ce champ :

– l’informatique affective : utilisée par exemple dans un cadre thérapeutique ou dans un but commercial, elle analyse les états affectifs de l’utilisateur et développe des outils, notamment des interfaces, capables d’y répondre ;

– l’apprentissage autosupervisé, une forme d’apprentissage automatique systématiquement utilisée dans les grands modèles de langage.


Deux notions, encore, relatives à l’amélioration de l’expérience de l’utilisateur :

– les add-in, add-on et autres plugins, qui apportent de nouvelles fonctionnalités à une application (blocage des publicités, gestion des mots de passe, ajout de personnages dans un jeu vidéo…), sont désormais des modules complémentaires ou complément;

– afin de contrer l’usage de l’expression embed code (et même « code embed »), les experts mettent en avant le terme code d’intégration : il permet précisément d’intégrer un contenu ou un service en ligne (encart textuel, graphique, vidéo…) dans une autre page de la toile.

Enfin, face au piratage et aux cyberattaques, les entreprises font appel à des professionnels de la cybersécurité, dont certains sont chargés d’identifier les risques d’intrusion dans les systèmes d’information : plutôt que pentesters (pour penetration testers), la Commission propose de les appeler sondeurs et sondeuses (de faille), dans la continuité du terme prime à la faille.

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