1.Hervé Arribart, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du dispositif d’enrichissement de la langue française (DELF) ?
Je suis ancien élève de l’Ecole Polytechnique (promotion 1972) et je suis titulaire d’une thèse d’Etat en physique de l’université d’Orsay (1982). Ma carrière s’est déroulée à l’interface du monde académique et du monde industriel. J’ai enseigné la physique à l’Ecole polytechnique, à l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la ville de Paris et à l’Ecole Centrale Casablanca. Après un début de carrière dans la recherche publique, je me suis tourné vers l’industrie dans les compagnies Elf-Aquitaine, puis Saint-Gobain, dont j’ai été le directeur scientifique. Je suis depuis 2015 membre du collège de terminologie et de néologie de la Chimie et des Matériaux. J’en suis devenu le président en 2022.
2. Quel est l’intérêt du DELF dans les secteurs de la chimie et des matériaux ?
L’enrichissement de la langue française présente un intérêt particulier dans le domaine de la chimie et des matériaux, où de nouveaux concepts, procédés et matériaux apparaissent continuellement. Il permet de disposer d’une terminologie française précise, cohérente et partagée, en proposant des équivalents aux termes étrangers et en définissant clairement les concepts associés. Cette démarche facilite la transmission des connaissances, l’enseignement et les échanges entre chercheurs, ingénieurs et industriels, notamment dans des domaines interdisciplinaires. Elle contribue également à préserver la capacité à enseigner, réglementer et innover en français, tout en maintenant le lien indispensable avec la terminologie anglaise utilisée dans la littérature scientifique internationale.
3. Qu’appréciez-vous particulièrement dans le DELF ? Qu’est ce qui pourrait être amélioré ?
Le dispositif d’enrichissement de la langue française est satisfaisant par son rôle de veille et de structuration terminologique. Il permet d’anticiper l’apparition de nouveaux concepts, de proposer des équivalents français et d’en préciser la définition, ce qui facilite les échanges entre scientifiques, industriels, enseignants et pouvoirs publics. Son principal enjeu reste toutefois l’appropriation des termes proposés, certains étant peu utilisés face à l’usage dominant de l’anglais. Le dispositif pourrait donc être amélioré en associant davantage chercheurs, ingénieurs, entreprises et sociétés savantes à l’élaboration des termes. Une diffusion plus active et un suivi de leur usage permettraient également de favoriser leur adoption et leur pérennisation.

