1. François-Marie Grau, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein du dispositif d’enrichissement de la langue française (DELF) ?
Je suis délégué général de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, et vice-président du groupe d’experts Culture et Médias du dispositif d’enrichissement de la langue française (DELF). Mon rôle consiste à contribuer, avec les autres experts, à l’identification, à l’analyse et à la proposition de termes français capables de décrire avec précision les évolutions rapides des secteurs culturels et médiatiques. Nous travaillons à préserver la capacité du français à nommer le monde contemporain sans dépendre d’emprunts à des langues étrangères, en veillant à la clarté, à l’élégance et à l’usage réel des mots proposés. C’est un travail à la fois linguistique, culturel et stratégique, qui touche directement à la souveraineté symbolique de notre langue.
2. Quel est l’intérêt du DELF dans le secteur de la mode ?
Le secteur de la mode illustre parfaitement l’intérêt du DELF. C’est un domaine internationalisé où les anglicismes circulent vite et s’imposent parfois par défaut. Proposer des termes français pertinents ne relève pas d’un pur exercice académique : cela permet aux professionnels, aux médias et au public de disposer d’un vocabulaire partagé, précis et intelligible. La langue structure la pensée et influence la perception des pratiques ; enrichir le lexique de la mode, c’est aussi affirmer une identité culturelle et créative française dans un secteur où elle est historiquement majeure.
3. Qu’appréciez-vous particulièrement dans le DELF ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ?
Ce que j’apprécie particulièrement dans le DELF, c’est son fonctionnement collégial et sa diversité de profils. Linguistes, professionnels, institutionnels et spécialistes de terrain confrontent leurs points de vue sous la haute autorité et avec l’aide de l’Académie. Cette pluralité garantit des propositions à la fois rigoureuses et utilisables. Le dispositif n’impose pas artificiellement des mots : il accompagne les usages, anticipe les besoins et crée des passerelles entre expertise savante et pratique quotidienne. Cette articulation entre réflexion et application concrète est, à mes yeux, sa plus grande force.

