3 questions à Cristina Valentini

1. Cristina Valentini, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis cheffe du groupe de la terminologie de la Division de traduction du PCT (Patent Cooperation Treaty, Traité de coopération en matière de brevets) à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), une agence spécialisée des Nations Unies basée à Genève. Avec mon équipe, je m’occupe du développement et de la mise à jour de la base terminologique WIPO Pearl, ainsi que de la gestion des projets de collaboration en terminologie avec les partenaires externes – notamment des organisations gouvernementales comme le dispositif d'enrichissement de la langue française (DELF), d’autres agences des Nations Unies et un nombre croissant d’universités dans le monde entier (une trentaine à ce jour). De formation interprète de conférence, j'ai obtenu mon doctorat en langues, cultures et communication interculturelle à l’Université de Bologne en 2009.

2. En quoi consiste votre collaboration avec le DELF ?

La collaboration avec le DELF a débuté par un projet portant sur les nouveaux sports olympiques de Paris 2024, qui a abouti à la publication dans WIPO Pearl d’environ 1 000 termes dans les dix langues de travail du PCT (allemand, anglais, arabe, chinois, coréen, espagnol, français, japonais, portugais et russe). Pour le français, langue de départ du projet, les termes établis par le DELF – acceptés et publiés au Journal officiel avec leurs définitions – ont été intégrés dans WIPO Pearl avec la mention « normalisé », indiquant la Commission d’enrichissement de la langue française comme source, et accompagnés de contextes issus des brevets francophones. À la suite de ce projet, WIPO Pearl figure désormais parmi les ressources recommandées par le DELF pour les recherches terminologiques, et mon équipe est consultée pour donner son avis sur les projets de listes avant leur examen par la Commission d'enrichissement. Les termes approuvés, ainsi que leurs définitions, seront ensuite intégrés dans WIPO Pearl selon la méthode convenue lors du premier projet.

 

3. En quoi l’existence d’une terminologie en français contribue-t-elle à la diffusion des brevets ?

Les documents de brevet sont rédigés dans un langage hautement technique, qui exige une grande précision dans l’emploi des termes. Le règlement d’exécution du Traité de coopération en matière de brevets dispose que tout titre, abrégé et dessin d’une demande internationale de brevet soient publiés en français ainsi qu’en anglais. La disponibilité de termes français scientifiques et techniques recommandés est donc fondamentale, tant pour la rédaction et la traduction des brevets que pour la circulation des savoirs au sein de la communauté scientifique et industrielle francophone. L’existence d’une terminologie en français contribue à stimuler l’innovation en permettant aux inventeurs francophones d’accéder aux informations contenues dans les brevets, de comprendre les avancées technologiques et d’en tirer profit pour leurs propres activités de recherche et développement.