Vocabulaire de la nature en ville

Dans la lignée du nouveau plan « Nature en Ville » lancé fin 2024, les experts de l’aménagement et de l’environnement se sont réunis afin de définir plusieurs concepts cruciaux à l’heure de renforcer la présence de la nature dans nos zones urbaines. Découvrez la liste de termes publiée par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel du 22 février 2026.

La renaturation (renaturalisation) est un des maîtres-mots à l’heure d’adapter nos villes aux conséquences du changement climatique : l’objectif est d’obtenir un écosystème favorable à la biodiversité, en remettant en état un écosystème altéré ou en remplaçant un écosystème détruit. La plupart des concepts de cette liste relèvent de cette démarche.

La connectivité écologique, en ville aussi

Favoriser la biodiversité ne va pas sans connectivité écologique. Différents réseaux quadrillent les villes, au sein desquels l’interconnexion des espaces favorise le développement et la circulation des espèces :

– la trame verte, formée de sites et de corridors biologiques terrestres ;

– la trame bleue, faite de milieux aquatiques (cours d’eau, canaux, lacs, étangs) et de zones humides ;

– la trame brune, celle des sols.

L’ensemble composé de la trame verte et de la trame bleue d’un territoire est tout simplement appelé trame verte et bleue, que l’on peut abréger en TVB. Enfin, l’émergence du concept de trame blanche ou trame de silence, pendant acoustique de la trame noire, témoigne de la prise en compte croissante de la pollution sonore.

Revégétaliser la ville

La revégétalisation, par laquelle on reconstitue une couverture végétale sur un terrain partiellement ou totalement dénudé, est un exemple emblématique d’action de renaturation.

Un seul arbre fait parfois beaucoup, surtout s’il s’agit d’un arbre de pluie : né dans la métropole de Lyon, il est ainsi nommé parce que la fosse dans laquelle il est planté favorise la rétention et l’infiltration des eaux.

Les espaces boisés sont de plus en plus fréquents en zone urbaine. Les experts proposent de distinguer :

– la forêt urbaine (urban forest) : située dans une agglomération, elle a généralement pour origine une forêt préexistante et est principalement destinée à l’agrément. On citera par exemple le Bois de Boulogne en région parisienne.

– la microforêt urbaine (tiny forest) : plus petite, elle est plantée en pleine ville, et se caractérise par une grande densité d’essences variées d’arbres et d’arbustes. En 2021, la placette Billaudel accueillit la première microforêt de la ville de Bordeaux.

Mieux vivre en ville, par tous les temps

La microforêt est un exemple d’îlot de fraîcheur urbain (IFU) : la température sensiblement inférieure à celle des espaces environnants – et notamment à celle des îlots de chaleur (ICU) comme les places dallées – est appréciable en période de canicule.

Dans le même ordre d’idées, citons l’abri climatique ou refuge climatique : aménagé ou non, cet espace offre la possibilité de se mettre en sécurité face à des conditions météorologiques extrêmes (canicule, tempête…). Ce concept a émergé en Catalogne : dans une perspective d’équité environnementale, la mairie de Barcelone comme le gouvernement catalan ont mis en place des réseaux de refuges climatiques (refugis climàtics) à l’attention des personnes vulnérables et des habitants dont le logement n’est pas climatisé.

Espaces verts mais aussi transports publics collectifs, commerces… autant d’atouts qui participent à la qualité du cadre de vie et à l’attractivité du territoire, et que les professionnels nomment aménités. Il est à noter que ce terme, au pluriel, prend un sens différent de celui qu’il a au singulier, puisqu’il s’agit ici des caractéristiques naturelles et patrimoniales, ainsi que des services disponibles sur un territoire.

Consultez également les autres termes, plus techniques, de cette liste : agriurbanisme, coefficient de biotope ou coefficient de végétalisation, descellement des sols, surface écoaménageable.

 

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La microforêt de la place de Catalogne, à Paris (14e arrondissement), en février 2026.