- Anne Burban, qui êtes-vous et quel est votre rôle au sein de la Commission d’enrichissement et de son groupe de travail ?
Après avoir exercé pendant plus de trente ans comme professeur de mathématiques en classe préparatoire aux Grandes Écoles, j’ai passé les 13 dernières années de ma carrière dans le groupe des mathématiques de l’Inspection générale de l’éducation nationale, devenue en 2019 Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche.
Je fais partie des douze personnalités qualifiées de la Commission d’enrichissement de la langue française. J’interviens parfois dans cette Commission en tant qu’experte des mathématiques (par exemple sur des questions relevant du traitement de données statistiques), mais le plus souvent en tant que commentatrice « généraliste ».
En septembre 2023, j’ai été sollicitée pour intégrer le groupe de travail chargé d’examiner à l’avance les listes soumises à la Commission. Le rôle de ce groupe de travail consiste à identifier à la fois les termes qui peuvent être adoptés par la Commission sans examen ou seulement après une brève délibération et ceux qui soulèvent des difficultés. Concernant ces derniers, le groupe de travail s’efforce de suggérer directement des propositions de modification, mais il peut aussi solliciter un nouvel éclairage des groupes d’experts en leur posant des questions.
2. Vous avez intégré le dispositif d’enrichissement il y a deux ans : qu’est-ce qui vous a le plus marquée à vos débuts ?
Ce qui m’a le plus marquée, c’est l’extrême variété des registres abordés. J’avoue même avoir été effrayée au début à la lecture des dossiers soigneusement préparés par la mission du développement et de l’enrichissement de la langue française. Mais j’ai vite compris que ce qui était attendu de moi était de porter un regard non spécialisé sur les termes étudiés, dans la position du profane que sera le futur utilisateur.
J’ai également été très sensible au soin particulier apporté par la Commission à ce que les termes choisis rejoignent des sujets préoccupant la société, trop souvent mis en avant dans les médias de façon erronée et en faisant appel à des termes anglais.
3. Vous êtes membre de la Commission mais aussi de son groupe de travail. Que retirez-vous de cette double casquette ?
En tant que membre de la Commission, j’ai été sensibilisée à des sujets qui m’étaient étrangers allant du commerce en ligne à la mode ultra-express en passant par la chimie des matériaux… Cela est pour moi une source d’enrichissement personnel irremplaçable.
En tant que membre du groupe de travail, j’apprécie la qualité des échanges au sein de ce groupe restreint, le soin apporté à la qualité rédactionnelle des définitions et le souci de leur transparence afin qu’ils soient accessibles au plus grand nombre. Toutes les décisions prises par la Commission résultent d’un dialogue ouvert, engagé à différents niveaux, depuis les propositions initiales des groupes d’experts jusqu’à la validation de la Commission qui précède celles, définitives, de l’Académie française et du ministre concerné. Je suis honorée d’être un petit maillon de la chaîne, à deux niveaux : celui, technique, du groupe de travail et celui, plus général, de la Commission.

