« Polluants éternels », « PFAS » (« piface », « péface » ?)... Impropres ou énigmatiques, ces appellations sont en tout cas d’une grande actualité : fin décembre, deux décrets sont parus dans le cadre de la loi visant à protéger la population des risques liés aux substances ainsi désignées. Afin d’éclairer le débat public sur ce sujet aux enjeux sanitaires, les experts de la chimie et de l’environnement ont travaillé à la désignation et à la définition de ce concept, qui a fait l’objet d’une publication, par la Commission d’enrichissement de la langue française, au Journal officiel du 30 janvier 2026.
De leur nom scientifique substances à groupe aliphatique saturé perfluoré, ces molécules synthétiques entrent dans la composition de nombreux produits (cosmétiques, alimentaires, textiles...) en raison de leurs propriétés hydrophobes et oléophobes, et de leur stabilité chimique et thermique.
S’il semble excessif de parler de « polluants éternels », comme on l’entend souvent, les caractéristiques chimiques de ces substances, qui peuvent être toxiques et qui sont souvent bioaccumulables, les rendent néanmoins très persistantes dans l’environnement.
Depuis le 1er janvier, les vêtements et cosmétiques contenant ces substances sont donc interdits au-delà d’un certain seuil, et la surveillance de leur présence dans l’eau potable est renforcée.
Les experts des domaines concernés proposent l’acronyme français GASP – pour (substances à) groupe aliphatique saturé perfluoré –, tout en entérinant le sigle PFAS (prononcez « péface ») du fait de son usage répandu, notamment dans les milieux professionnels.

