À LA CONQUÊTE DE LA LUNE

Il n’était pas question de repousser la suite de l’épopée lunaire aux calendes grecques. Succédant à Apollo, le dieu du soleil qui eut rendez-vous avec la Lune entre 1961 et 1972, c’est aujourd’hui sa sœur Artémis, déesse du croissant de lune et des espaces sauvages, qui repart à la conquête de notre satellite naturel. Les astronautes sélectionnés pour intégrer la capsule Orion placent d’ailleurs ce sanctuaire spatial sous les heureux auspices d’une fraternité qui n’est pas seulement mythologique : indifférence à la couleur de peau et paritarisme sont au programme d’Artémis 2, puisqu’il s’agit du premier vol spatial autour de la lune habité par une personne noire, le pilote, et par une femme, spécialiste de mission.

Cette entreprise prométhéenne profite des progrès techniques réalisés depuis le XXe siècle, par exemple concernant l’efficacité et le possible réemploi des moteurs-fusées, dont certaines pièces ont même été fabriquées grâce à l’impression tridimensionnelle. Les deux propulseurs d’appoint à propergol solide, plus sûrs et plus performants que ceux d’autrefois, se séparent aussi du lanceur plus rapidement que lors de la mission Artémis 1, avant de tomber dans l’océan tel Icare, une fois leurs ergols brûlés. Si les débris spatiaux représentent toujours une épée de Damoclès pour le véhicule spatial, c’est cependant au sujet du bouclier thermique – talon d’Achille du premier voyage d’Orion – que d’aucuns ont joué les Cassandre, heureusement à tort.

Même si l’alunissage n’est prévu que pour 2028, l’équipage de ce vaisseau spatial fut le premier à tourner autour de la Lune et à découvrir ainsi sa face cachée. Et, au-delà des prouesses techniques, la poésie fut aussi au rendez-vous puisque les astronautes ont rapporté, en souvenir de leur entrée au panthéon de la conquête spatiale, le cliché d’un morceau de Lune illuminé par le clair de Terre. La mission spatiale humaine Artémis avait plus d’une corde à son arc...