Oeuvre de l’architecte Patrick Hernandez, le nouveau pavillon d’accueil de la grotte, inauguré le 5 février 2008, témoigne de l’action de l’Etat en faveur de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine monumental
La grotte de Pair-non-Pair, située sur le territoire de la commune
de Prignac-et-Marcamps, est l'une des grottes ornées les plus
remarquables du début du paléolithique supérieur : elle possède des
gravures pariétales, datées de l'Aurignacien (entre 33 000 ans et
26 000 ans avant J.-C.), où l’on distingue plus de 40
représentations animales. Propriété de l’Etat, elle est
affectée au Centre des monuments nationaux (CMN) qui accueille près
de 11 000 visiteurs par an. Un nouveau pavillon d’accueil,
destiné à renforcer l’attractivité culturelle et touristique
de la grotte, tout en confortant la visibilité internationale du
patrimoine de l’estuaire de la Gironde, a été inauguré le 5
février 2008. Oeuvre de l’architecte bordelais Patrick
Hernandez, ce pavillon est repéré pour l’originalité du parti
architectural et la qualité des matériaux utilisés.
Une grotte ornée exceptionnelle
La grotte de Pair-non-Pair a été découverte en 1881, quelques
années après la grotte d’Altamira en Espagne, par
l’archéologue, ethnologue, anthropologue et préhistorien
François Daleau. Classée monument historique en 1914, elle est,
avec la grotte de Chabot en Ariège, l’une des toutes
premières grotte ornée découverte en France. De réputation
mondiale, elle constitue l’une des premières reconnaissance
de l’art pariétal et de la très haute antiquité des pratiques
artistiques de l’humanité. Elle comprend des représentations
de chevaux, bouquetins, mammouths, bovidés et cervidés au nombre
desquels figure le mégacéros, un animal aujourd’hui disparu
connu pour l’ampleur de ses ramures. La présence d’une
activité humaine (industrie lithique, faune préhistorique) qui
pourrait être contemporaine des gravures de la grotte a été repérée
au cours des travaux de création du pavillon d’accueil. Elle
bénéficie d’une protection dans l’attente d’un
prochain programme de recherche.
Un geste architectural repéré
A Pair-non-Pair, l’architecte bordelais Patrick Hernandez
signe une oeuvre conçue comme un passage vers la grotte et
parfaitement insérée dans le paysage environnant. Le pavillon,
incliné, s’organise à partir d’une structure lourde de
madriers de chêne laissés bruts, alternant avec des parois de béton
brut, mais coffré avec ces mêmes madriers : la surface du béton
présente ainsi les veines du bois environnant. Une autre
originalité du projet consiste en l’implantation d’un
système de cloison-vitrines permettant d’observer, de
l’extérieur aussi bien que de l’intérieur du bâtiment
d’accueil, les objets témoignant de l’occupation de la
grotte : silex, objets en os et bois de renne, restes
d’animaux qui étaient jusqu’ici, pour la plupart
d’entre eux, déposés au Musée d’Aquitaine à
Bordeaux.
Un objectif d’attractivité et de notoriété
internationale
La réalisation du pavillon d’accueil de Pair-non-Pair a été
entièrement financée par le Ministère de la Culture (DRAC Aquitaine
: 550 000 €, CMN : 50 000 €) au titre de sa politique de
préservation et de mise en valeur du patrimoine national. Elle
répond en outre à l’objectif de renforcer la notoriété du
patrimoine remarquable de l’Aquitaine, inscrit au Contrat de
projets Etat-Région 2007-2013. Avec plus de 70 monuments
historiques protégés (églises, châteaux), l’estuaire de la
Gironde présente un patrimoine culturel majeur, que distingue la
citadelle de Blaye, candidate au titre de patrimoine mondial de
l’Unesco avec le réseau des sites Vauban.
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