A partir du 25 septembre 2012, le musée d'Orsay à Paris ouvre les portes de son exposition-événement sur L'Impressionnisme et la Mode, mêlant toiles de maîtres et vêtements du XIXe siècle. Explications avec Guy Cogeval, président du musée d'Orsay et commissaire de l'exposition.
Comment vous est venue l'idée d'une
exposition sur L'Impressionnisme et la Mode ?
Guy Cogeval : Au départ c'est une idée qui m'a été proposée
par une collègue américaine. Vous savez c'est comme dans les films
américains : « let's make a show ». Comme elle
travaille à Chicago, j'ai entrevu certaines oeuvres du musée de
Chicago, puis certaines oeuvres du Metropolitan Museum of Art à New
York. Nous avons tout de suite pensé à d'autres oeuvres disposées
en Europe. Et nous avons évidemment dans les collections du musée
d'Orsay des incunables qui ne pouvaient pas ne pas être dans
l'exposition, dont les Femmes au jardin de Claude Monet,
plus beau que jamais dans cette mise en scène aérée.
Nous avons donc décidé de monter cette exposition, et nous nous
étions dit que nous présenterions des robes chacun de notre côté.
Comme l'exposition voyage à Chicago et au MET, au MET il y aura la
Fashion Institute qui prêtera les robes, nous avons cherché des
robes à Paris avec le musée Galliera et les Arts décoratifs, et
puis Chicago se cherchera des prêts de son côté. Les robes c'est ce
qui voyage le moins facilement car les tissus s'abiment.
D'ailleurs, les robes que vous voyez dans l'exposition vont être
présentées pendant trois mois puis repartiront dans des tiroirs. Et
aucune de ces robes n'est prêtée aux Etats-Unis.
Est ce la première exposition sur cette
thématique ?
C. G. : C'est la première exposition qui soit faite avec une
telle ampleur dans un grand musée classique de France. Et
évidemment j'espère que cela va inciter le Centre Pompidou et le
Louvre à en faire autant, le musée du Louvre sur la période du
XVIIIe siècle où la question de la mode commence à émerger et
pourquoi le Centre Pompidou ne traiterait-il pas de la mode au XXe
siècle ? Cela me paraissait fondamental de le faire et le Musée
d'Orsay a montré ces dernières années qu'il était un musée ouvert à
la coalescence des différents arts, à l'introduction du théâtre, de
la musique, de la littérature. C'est un peu dans les fibres du
musée d'Orsay d'être ouvert à toutes les expressions du génie
artistique français.
Les Impressionnistes ont-ils une manière
particulière de représenter le vêtement ?
C. G. : Certainement. Les Impressionnistes représentent une
petite bourgeoisie qui commence à s'amuser, à avoir du temps pour
le délassement, à avoir le droit au plein air. Auparavant, c'était
les paysans qui vivaient à la campagne et les aristocrates qui
faisaient des parties au milieu de deux chasses dans des sous-bois
où on faisait un pique-nique. Là c'est vraiment l'irruption d'une
nouvelle classe qui montre une plus grande démocratisation du goût
et du monde. Et surtout la technique des Impressionnistes permet de
montrer le corps en mouvement. Il y a une alternance dans cette
exposition de la monstration de vêtements - c'est le cas de Monet
avec Madame Gaudibert, ou de Carolus-Duran avec la Dame à
gant, qui pourrait être un tableau élégant du XVIIIe siècle -
et au contraire les Femmes au jardin de
Monet, ce n'est que du mouvement. La valeur des femmes n'est
là que pour les taches de lumière qui touchent leurs vêtements.
Dans l'exposition, il y a beaucoup de
portraits de Parisiennes . L'idée est-elle de montrer l'élégance de
la Parisienne à cette époque ?
C. G. : Il faut dire une chose et c'est même Gloria Groom
qui le dit elle-même dans son texte du catalogue. Dans le fond,
c'est la Parisienne qui a inventé l'élégance de la mode et la
Parisienne a été inventée dans les années 1860 dans la France du
Second Empire. Elle a perduré jusqu'à nos jours. Aujourd'hui les
Parisiennes existent toujours. Elles défilent et posent dans les
catalogues de mode mais elles sont généralement chinoises,
japonaises, africaines et c'est très bien comme cela. La Parisienne
a essaimé à travers le monde et l'esprit de Paris est toujours une
chose qui fait rêver le monde entier. Je trouvais intéressant de
combiner dans une exposition deux sommets du génie de la France :
l'Impressionnisme qui est purement un phénomène français au XIXe
siècle et la mode qui commence à devenir au même moment un
phénomène de masse à Paris. Et tout cela se passe entre 1860 et
1880.
Parmi les oeuvres exposées, quelle est la
plus emblématique ?
C. G. : Je trouve qu'on a la chance inouïe d'avoir Nana
de Manet. Ce n'est pas la première fois qu'elle vient à Paris mais
c'est une oeuvre qui voyage très rarement. Toute l'Allemagne est
très étonnée que Hambourg nous ait prêté cette oeuvre. Cela fait
grincer des dents en Allemagne car ce tableau est considéré comme
un des incunables qui ne doit pas quitter ce pays. Et puis je pense
que le portrait de Madame Charpentier de Renoir n'est jamais
venu à Paris. C'est une première voluptueuse pour le musée
d'Orsay.
Comment ont été sélectionnés les vêtements du
XIXe siècle exposés ?
C. G. : Ces vêtements sont issus du musée Galliera, du musée
des Arts décoratifs, et de quelques collections privées. Ils ont
été choisis soit par Philippe Thiébaut soit par Robert Carsen et
moi qui sommes allés dans les réserves de certains de ces musées en
particulier celles de Galliera pour choisir des chapeaux et des
robes. Il y a certaines robes qu'on a vu en très mauvais état dans
les tiroirs. Les femmes qui nous les présentaient nous disaient
qu'une fois mannequinées, nettoyées, elles seraient dans un état
parfait. C'est là qu'est intervenu LVMH qui a payé le nettoyage, la
restauration, le mannequinage.
Pour finir, quelques mots sur la scénographie
de l'exposition ?
C. G. : Il y a une scénographie très présente et je suis ravi
du génie de Robert Carsen, qui est à la fois très humain, très
simple et très drôle, avec des clins d'oeil d'humour. C'est lui qui
a composé la vitrine qui a l'air de tomber du tableau Rolla
de Gervex, qui représente une femme qui a enlevé son jupon et est
complètement nue dans le lit. On a l'impression que ses dessous
sont dans la vitrine. C'est lui qui a dessiné aussi la vitrine des
chapeaux et je crois que c'est une des plus belles choses que j'ai
vue. Il faut la garder ! Pour les chaises, également présentes dans
l'exposition, elles portent des noms choisis par Robert Carsen. Ils
désignent des personnes qui auraient fait partie de défilés en
1860, quoique cela n'exista pas encore.
L'Impressionnisme et la Mode
Au musée d'Orsay, Paris 7e
Du 25 septembre 2012 au 20 janvier 2013
Au Metropolitan Museum of Art de New
York
Du 19 février au 27 mai 2013
A l'Institute of art de Chicago
Du 29 juin au 22 septembre 2013
Sur le Web
Histoire des arts
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