Pour la première fois, la Comédie Française présente la pièce de Corneille La Place Royale, mise en scène par Anne-Laure Liégeois. A voir du 28 novembre 2012 au 13 janvier 2013 au Théâtre du Vieux-Colombier à Paris.
La Place Royale. La
comédie de jeunesse de Pierre Corneille est donnée pour la première
fois au Théâtre du Vieux Colombier. Créée en 1634, la pièce
bouscule à l'époque les codes de la comédie, en s'affranchissant
des conventions théâtrales. Elle rencontre un vif succès.
L'action se déroule Place des Vosges. Angélique et Alidor sont
épris l'un de l'autre mais l'extravagant Alidor préfère sa liberté
à l'union amoureuse. Philosophe un peu tourmenté et en proie au
doute, il met en place des stratagèmes pour éloigner de lui sa
bien-aimée.
La pièce de Corneille oppose la liberté à l'amour, la philosophie à
la passion et traite ces sujets sur un ton comique. Alors qu'Alidor
philosophe sur sa liberté avec excès et se perd dans ses propres
stratégies et ses doutes, Angélique reste droite et fidèle à sa
passion amoureuse, tandis que son amie Phylis joue une libertine,
amoureuse de sa liberté.
La comédie de jeunesse de Corneille est mise en scène dans une
version moderne, dans un décor qui oscille entre une salle
d'attente de gare et une salle de bal. Les costumes et la musique
contemporains resituent l'intrigue dans une époque qui nous est
proche. Seuls la beauté des alexandrins et le ton de la farce
rappellent que ce texte date du XVIIe siècle.
Anne Laure Liégeois. Directrice du Centre dramatique national de Montluçon de 2003
à 2011, la metteur en scène Anne Laure Liégeois poursuit sa
quatrième saison avec la Comédie Française. Elle a monté l'année
dernière au Théâtre éphémère Une puce,
épargnez-là de Naomi Wallace.
Pour La place
royale, sa première préoccupation était
l'alexandrin. « Comment rendre limpide cette langue d'aucune
bouche d'hier et peut être encore moins d'aujourd'hui ! »
déclare-t-elle. La solution était de de se « dire que ce
travail était un jeu et que l'alexandrin en était le maître. Rester
attentive à ce que celui-ci mène la danse sans que jamais le
spectateur ne puisse se sentir hors jeu. »
Pour le décor et les costumes, Anne-Laure Liégeois souhaitait un
lieu urbain, qui dise le « nous » et soit en décalage
avec l'univers de la pastorale dont Corneille voulait alors se
détacher. Un film diffusé à l'entrée du public dans le théâtre
montre tout ce qui aurait dû être là mais ne le sera pas : de
superbes costumes du XVIIe siècle, de beaux jeunes gens se
promenant dans la campagne bucolique chère aux pastorales. Le
rideau se lève alors sur un décor urbain, laissant place à des
protagonistes proches de notre temps, au phrasé élégant en 12
syllabes.
La Place Royale de Corneille, mise en scène
d'Anne Laure Liégeois
Au Théâtre du Vieux Colombier, Paris
Du 28 novembre 2012 au 13 janvier 2013
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