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Un avant-goût des Journées européennes du patrimoine

 
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La Cathédrale de Bayeux
La Cathédrale de Bayeux
© Cathédrale de Bayeux
 

Le week-end des 17 et 18 septembre est marqué par les Journées européennes du Patrimoine. En avant-goût des ouvertures exceptionnelles proposées à cette occasion, nous vous proposons de vivre en avant-première deux visites insolites à la Cathédrale de Bayeux en Normandie et à l'Hôtel de Lauzun à Paris.

PROMENADE INSOLITE SUR LES TOITS DE LA CATHEDRALE DE BAYEUX

Construite entre le XIe et le XVe siècle, la Cathédrale de Bayeux, joyaux de l'art gothique normand, a longtemps abrité la célèbre Tapisserie qui relate la conquête du royaume d’Angleterre par Guillaume le Conquérant.
Pour les Journées européennes du Patrimoine, l’association des amis de la Cathédrale invite gratuitement le public à découvrir le monument depuis ses toits, en visitant les parties hautes habituellement fermées et qui viennent d'être rénovées par l'Etat. En avant-première, Geneviève Mauger, présidente de l’association nous a fait visiter ces endroits inaccessibles. Une visite qui apporte une vision originale sur ce monument recelant des trésors.

Montée jusqu'à la Tour Centrale. L’ascension débute par l’escalier en colimaçon qui mène sous le toit du transept sud, où se dévoile une impressionnante charpente gourmande en bois de chêne, dite « à chevrons formant ferme » qui date de 1225. Dans la semi-obscurité, direction ensuite la croisée du transept, où l'on découvre les bases carrées de l’ancienne Tour-lanterne, aujourd'hui disparue, et en son sein un carillon du XVIIIe. Encore quelques marches à grimper, et on se retrouve à l'air libre, au pied de la Tour centrale. Rien de plus facile que de savourer depuis l'endroit, la vue sur la ville de Bayeux riche en maisons à pan de bois et hôtels particuliers, ainsi que la vue sur la Tour Centrale et ses trois niveaux. Le regard remonte ainsi de la base carrée de la Tour, décorée à chaque coin par des statues de la Vierge et des prophètes, à l'étage octogonal en style gothique flamboyant du XVe siècle, lui-même coiffé d’un dôme en cuivre néogothique du XIXe siècle. Laissant au-delà des différences de styles une nette impression d'harmonie.

De la Nef aux tours romanes. Redescente ensuite par l’étroit escalier en colimaçon pour arriver sous les toits de la nef, dont la restauration vient juste d’être achevée. La charpente dite « à panne » estimée du XVIe siècle est ici plus aérée. Traversant la nef sur un passage en bois spécialement aménagé pour les travaux au-dessus des clefs de voûte, on accède à une des tours romanes de la façade : la Tour Sud qui abrite le Petite et la Grande Marie, deux cloches remises récemment en service. Sur un mur, Geneviève Mauger nous fait remarquer un graffiti ancien représentant nettement deux tours médiévales. Quant à la Tour Nord plus ancienne (1194), elle ne sera pas visitée car en pleine rénovation.

Accès aux terrasses. Le clou de la visite se trouve quelques marches en dessous avec l'accès aux terrasses. Installées au XIXe siècle sur les bas-côtés de la nef, elles viennent également d’être restaurées par l'Etat. « Un travail impressionnant » comme le souligne notre conférencière. Là une vue sur la Tour Sud ainsi que la Tour centrale permet d’apprécier un mélange de style harmonieux entre le roman et le gothique flamboyant. En passant sous les arcs-boutants fraîchement nettoyés, on dispose d'une vue imprenable sur l’Hôtel du doyen du Chapitre qui jouxte la Cathédrale. Et en s'approchant des vitraux, une vue originale sur l’intérieur de la Nef et le choeur, se dévoile. A travers les baies transparentes du transept, on découvre les vitraux du XIXe siècle représentant des évêques et des saints de Bayeux, ainsi que le choeur, chef d'oeuvre d'art gothique.
A quelques pas de là, à travers les vitraux du XVIIIe siècle, s'offre à notre regard en contre-plongée l'intérieur de la Nef. Son premier étage roman richement décoré de motifs en bâtons brisés, dents de scie, ou entrelacs de vannerie, se révèle à nous, de même que les écoinçons sculptés représentant ici la Vierge à l’enfant, un peu plus loin, un dragon, pour arriver au niveau de la chaire baroque du XVIIIe siècle, allégorie de la religion dominant le monde, qui avance tel un nuage blanc logé sous un arc de la voûte.

Redescente. La visite des parties hautes s’achève ainsi, redescente obligatoire. Heureusement sur la terre ferme, d’autres trésors attendent d’émerveiller le visiteur : le chœur gothique et son mobilier exceptionnel, la nef et ses riches décors vue d’en bas cette fois-ci, la crypte et ses peintures du XVe siècle, en particulier ceux des anges musiciens, et la salle du chapitre, ouverte exceptionnellement à la fin du circuit.
Les parties hautes ainsi que la bibliothèque du XVe siècle fermées au public ont bénéficié d'importants travaux de restauration financés par l'Etat, dont une partie dans le cadre du Plan de relance. Après environ 3 millions d'euros investis de 2007 à aujourd'hui pour les parties hautes, les travaux se poursuivent avec en particulier un projet de création de vitraux au titre de la commande publique pour les baies de transept prévu en 2012-2013.

Cathédrale de Bayeux, les 17 et 18 septembre
Visite guidée des parties hautes habituellement fermées au public : samedi et dimanche de 14h à 18h
Adultes en bonne forme et enfants à partir de 12 ans
Sur réservation à l'Office du Tourisme : 02 31 51 28 28
Visite libre de la Cathédrale : samedi de 9 à 19h, dimanche de 12h à 19h
Gratuit

Consulter le site de la Cathédrale de Bayeux

 

L'HOTEL DE LAUZUN : UN BIJOU D’HOTEL PARTICULIER

Direction l’Ile Saint Louis à Paris pour une autre visite d’exception. Celle de l’Hôtel de Lauzun, un hôtel particulier du XVIIe siècle au style parfaitement conservé. Ce lieu magnifique qui regarde couler la Seine à ses pieds depuis plus de trois siècles a vu passer le grand monde et de grands esprits.
L’hôtel aurait été construit par l’architecte Le Vau et ses décors peints par Le Brun, Bourdon, Patel et Lesueur. De ses propriétaires successifs, parmi les noms à retenir, figurent ceux du duc de Lauzun, favori de Louis XIV et époux de Mme de Montpensier, la famille Pimodan et le baron Pichon, qui loua ici des chambres à Baudelaire et Théophile Gautier.

Décors somptueux. La façade de l’hôtel de Lauzun est aussi sobre que sa décoration intérieure est luxueuse. Son premier propriétaire Charles Gruyn avait en effet fait fortune de manière douteuse et préférait rester discret sur sa grande richesse.
Entrons à pas feutrés dans ce palais du XVIIe siècle admirer ses décorations somptueuses.
Une fois passée la cour où la sobriété reste de rigueur, le seuil de la salle des gardes nous invite à un voyage dans le temps. Dans cette large pièce aux couleurs carmin, on peut admirer deux chaises de porteurs du XVIIIe siècle et le plafond Louis XIII, fait de poutres décorées à l’or fin. Mais le trésor de cette visite se trouve dans la salle suivante. Dans ce qui était peut être un cabinet, une bibliothèque ou une chambre, se dévoile un décor mural exceptionnel, une composition d’or et de peintures dans une atmosphère à l’Italienne des XVIIe et XVIIIe siècles. Les tableaux de paysages paisibles et bucoliques rivalisent de beauté avec des créatures peintes, fantastiques ou angéliques, serties dans des moulures rehaussées de feuilles d’or. Un ravissement.
Sur l’un des panneaux, des initiales se distinguent nettement : G pour Gruyn le premier propriétaire des lieux à qui l’on doit cette merveille, et M pour Mony, son épouse. Elles se retrouveront tout au long de la visite, comme un signe de l’authenticité des décors.

Etage supérieur. Un escalier évoquant la Renaissance italienne nous mène à l’étage supérieur, surmonté d’un plafond peint en trompe l’œil sur le thème du « Temps découvrant la vérité ». L’étage abrite tel un écrin plusieurs pièces en enfilade, toutes plus sublimes les unes que les autres.
Une antichambre aux tons bleu ciel et or d’abord. Un salon de musique, ensuite, magnifié par deux mezzanines à balcons en or, qui bien que construites au début du XXe siècle, se fondent harmonieusement dans le décor. C'est dans ce salon que la Reine d’Angleterre a été reçue pour un dîner aux chandelles.
La visite s’achève avec la chambre à coucher de la maîtresse de maison et son boudoir, qui est la plus petite pièce de l’hôtel. Des miroirs y jouxtent des peintures de chimères aux couleurs bleu pastel, d’anges, et de guirlandes de fleurs, serties d’or.

Luxe et fragilité. Si la chambre de Baudelaire ne fait pas partie du circuit, elle peut s’admirer sur la façade côté cour et côté rue. Il s’agit de la fenêtre mansardée qui se trouve au dessus de la porte d’entrée.
Baudelaire y habita trois ans et y aurait écrit le premier jet des « Fleurs du mal ». Très facile d’imaginer en visitant ce lieu que le poète maudit y ait composé ces vers tirés de « L'invitation au voyage » :
« Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.  ».
Cet hôtel particulier témoin du XVIIe siècle laisse l’impression d’un bijou à protéger. Si les visites pour les Journées du patrimoine sont libres, le nombre de places est limité vu la petitesse et la fragilité du lieu. Dans les files, des textes de Théophile Gautier seront lus pour aider à patienter.

Hôtel de Lauzun, ouverture exceptionnelle les 17 et 18 septembre
Visites libres, selon un parcours balisé, samedi et dimanche de 9h30 à 18h30
Des lectures de textes de Théophile Gautier accompagneront les visiteurs dans les files d'attente à la visite.
Gratuit

 
 

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