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Théâtre & danse

Christian Schiaretti devant le TNP

© © Christian Ganet

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Le Théâtre National Populaire de Villeurbanne s'offre une deuxième jeunesse

Le 11 novembre, après d’importants travaux de rénovation, le Théâtre National Populaire à Villeurbanne (TNP) rouvre avec Ruy Blas de Victor Hugo. Retour sur cet événement de la saison théâtrale 2011-2012 avec Christian Schiaretti, son directeur.

TNP refait à neuf. Après deux ans de chantier – grue, mortier, bétonneuse – le TNP rouvre ses portes, le 11/11/11. La date n’est évidemment pas choisie par hasard… Née des rêves de Firmin Gémier le 11 novembre 1920, l’institution après une longue éclipse renaît en 1951, lorsque Jeanne Laurent nomme Jean Vilar à la tête du Théâtre National Populaire et l’installe au Palais de Chaillot. L’aventure se poursuit jusqu’en 1972 date à laquelle le TNP s’installe à Villeurbanne. A partir du 11 novembre, il s’offre donc une deuxième jeunesse, cinquante ans après être sorti de terre pour la première fois. Une « jeunesse », qui rime aussi bien avec « le gigantisme » du site – avec 15 770 m2, la surface disponible a doublé – qu’avec sa « mémoire ». Dans le hall, on piétine un carrelage couleur rouge, jaune, brun-brique et gris en souvenir de la cité ouvrière d’antan. C’est un exemple parmi d’autres, car Christian Schiaretti, directeur du TNP, est un homme « fidèle », même lorsqu’il est question d’architecture. Et celle-ci se veut « élégante » et « démocratique », à l’image de la programmation qui « met à disposition du plus grand nombre ce qu’il y a de plus fin ». Après travaux, le Grand Théâtre, en forme de « coquille Saint-Jacques », « fauteuils rouges en écailles et moquette marron glacé », partagera donc le devant de la scène avec un Petit Théâtre, un Cabaret et quatre salles de répétition. Ce qui, selon Christian Schiaretti, permettra « d’accueillir des formes multiples et très différentes, de produire plusieurs créations en simultané et de revenir au répertoire. On peut en effet facilement imaginer créer un spectacle dans une salle tout en remettant sur pieds trois pièces de répertoire. » Ce nombre confortable de salles de répétition est un dispositif « novateur » et « exceptionnel », Christian Schiaretti ne craint pas de le dire. Un dispositif, en tout cas, qui répond à un précepte cher au directeur : « un théâtre est d’abord un lieu où travaillent des acteurs. »

 

TNP hugolien. « Je suis boulimique de créations », revendique-t-il. Et, en effet, avec sept mises en scène signées cette saison Christian Schiaretti, dont une création (Ruy Blas), les quatre salles de répétitions ne seront pas de trop. Pour la réouverture du TNP, son appétit théâtral s’est arrêté sur Victor Hugo. Pourquoi lui ? « Parce que j’adore Hugo ! Et que personne n’y va, dans cette imposture de la modernité qui se méfie de la poésie et des grands textes du répertoire. Parce que aussi je dirige le TNP, et que ces trois mots, « théâtre », « national » et « populaire » ont été réunis et définis la première fois par Victor Hugo, en 1830, dans la préface de Marion de Lorme. »

L’ « autre » TNP. Au centre du théâtre, un atelier de costumes, accessible au public, fournit en parallèle les productions de la maison. « Le costume dans un théâtre, c’est sa mémoire » confie Christian Schiaretti, et le TNP s’efforce chaque saison d’entretenir celle-ci après avoir vu passer Jean Vilar, Roger Planchon, Patrice Chéreau à sa direction. Enfin, l’excellence artistique a trouvé une voisine dans ce théâtre de Villeurbanne, celle de l’excellence culinaire. Trois chefs lyonnais viendront ainsi alimenter la carte du « 33 TNP, Brasserie populaire ».

Réouverture du TNP de Villeurbanne
 A Partir du 11 novembre 2011

Le TNP en chiffres

  • Superficie : + de 15 000 m2
  • 1 grande salle : 667 places
  • 1 petit théâtre : 252 places
  • 4 salles de répétitions dont 3 pouvant accueillir du public
  • 1 brasserie-cabaret : 154 places assises, 300 debout
  • 1 librairie - boutique
  • Architectes : Agences Fabre/Speller et Arassociati, Massimo Scheurer.
  • Coût des travaux : 32,8 millions d’euros

 

Article à paraître dans le magazine Culture Communication novembre 2011

 

 

 

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