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Théâtre & danse

Dominique Hervieu, Directrice artistique de la Biennale de la Danse, et Directrice de la Maison de la Danse (Lyon)

© © Stéphane Rambaud

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Dominique Hervieu, directrice de la Biennale de la danse de Lyon : « soutenir la création artistique et élargir la participation du public »

Du 13 au 30 septembre, Lyon accueille la Biennale de la danse. La nouvelle directrice Dominique Hervieu nous explique comment elle a conçu l'événement.

Vous dirigez pour la première fois la Biennale de la danse de Lyon. Comment appréhendez-vous cette première ?
 Dominique Hervieu : Tout en conservant le formidable héritage que Guy Darmet m’a transmis, j’ai souhaité créer un nouveau souffle pour la Biennale, sans rupture ni révolution. La place de la danse dans la ville de Lyon est exceptionnelle. Je souhaite poursuivre l'élan et bien sûr créer aussi des surprises, faire vivre aux spectateurs des expériences singulières en prise direct avec les mutations esthétiques d'aujourd'hui. Je partage avec Guy Darmet le goût pour la diversité. Quelques points aussi nous différencient : je suis une créatrice, une femme d'une autre génération. Mon parcours et ma sensibilité artistique singulariseront forcément ma programmation .

Quels grands axes souhaitez-vous développer ?
 D. H. : Faire de la Biennale, avant tout, un festival de création. Faire aimer la danse à de nouveaux publics en diversifiant encore plus la programmation. Aller vers ceux qui pensent encore que la danse n’est pas pour eux...  Étonner les " aficionados " avec les dernières créations des " maîtres " et la découverte de nouveaux courants, de nouvelles expériences, de nouvelles formes artistiques. Garder les grandes œuvres populaires qui nous rassemblent. Les deux lignes de force de la Biennale 2012 affirment des valeurs et des nécessités absolues dans le monde de l’art d’aujourd’hui : soutenir davantage la création artistique et élargir la participation du public.

Concrètement, comment allez-vous les mettre en oeuvre ?
 D. H. : La Biennale est une formidable vitrine des plus grandes compagnies internationales et des compagnies émergentes mais elle doit aussi devenir un lieu de production des œuvres. C’est ce que j’ai souhaité dès ma première édition en invitant huit compagnies en résidence de création. Le public pourra ainsi entrer dans la fabrique des œuvres et rencontrer les artistes lors de leur résidence de création. Ces échanges en direct seront relayés par numeridanse.tv, site de culture chorégraphique gratuit en résonance avec la programmation. Le spectateur peut aussi devenir "acteur de la Biennale " en vivant des expériences sensibles, inédites, conduites par des artistes, comme des bals, des cours dans la ville, etc... C’est ce que j’appelle la fabrique de l’amateur. De nombreux philosophes, universitaires, critiques d’art éclaireront également les enjeux de la programmation. C’est notre fabrique du regard qui donne au public une place centrale, critique et active au cœur de la Biennale. Elle permet d’entrer de plain-pied dans le large panorama de la danse d’aujourd’hui qui convie le spectaculaire, le politique, l’émotion, l’exotisme, le réflexif, le récit, la virtuosité, le minimalisme, l’humour, la fête...

Comment avez-vous construit la programmation 2012 ?
 D. H. : J'ai souhaité élaborer une esthétique de la diversité en proposant une architecture de programmation qui offre divers cheminements dans un foisonnement esthétique. Je voudrais montrer qu'au sein de ce kaléidoscope, la danse est un art majeur qui influence aujourd'hui les autres arts : le théâtre, la performance, le cirque, les arts plastiques, etc... Je suis convaincue que la diversité esthétique est aujourd’hui la condition vitale de l’expérience de la contemporanéité. J’ai voulu la Biennale 2012 populaire et expérimentale. Avec Laurent Goumarre, directeur adjoint à la programmation, nous avons réuni les artistes les plus importants de leur génération venant d’Asie, d’Afrique, d’Europe, mais aussi de France, de Rillieux-la-Pape et d’Isère... Nous mettrons en évidence une nouvelle dynamique qui souffle sur les arts vivants.

L'Asie fait l'objet d'un focus particulier, pourquoi ce choix ?
 D. H. : Si la Biennale continue à inviter des artistes de tous les continents, j'ai souhaité que cette édition se concentre plus en détail sur l'Asie : son patrimoine, sa modernité. Avec la Troupe des artistes de Sebatu - Bali, nous assistons à une grande fable universelle interprétée par 50 artistes. Bali, danses et drames, en hommage à Antonin Artaud, nous plongera dans la grande tradition des arts théâtraux et chorégraphiques balinais et mettra en perspective notre modernité.
 La création ritualisée d'Ushio Amagatsu, le hip-hop inspiré des mangas de Mortal Combat, les collaborations franco-taïwanaises, les soli de grands interprètes japonais vivant en France nous donneront un condensé contrasté de vitalité et d'invention asiatique. De plus, la création chorégraphique japonaise s’appuie sur une recherche en mouvements, l’élaboration d’un langage en prise directe avec la société japonaise. Je trouve la démarche de ces artistes particulièrement intéressante parce qu'elle lie très souvent l'intériorité et le sens du spectacle. 

Biennale de la danse de Lyon
 Du 13 au 30 septembre

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