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Jeune public
Mangapolis à Angoulême
Du 30 juin au 7 octobre à Angoulême, la Cité internationale de la bande dessinée propose un aperçu de l'urbanisme de l’archipel nippon à travers l’exposition « Mangapolis : la ville japonaise contemporaine dans le manga ».
Un panorama de l’architecture nippone. Depuis 1990 et les premières parutions d’ « Akira » de Katsuhiro Otomo, la culture manga a largement imprégné l'imaginaire collectif des plus jeunes, les images des mégalopoles nippones s'immisçant petit à petit aux cotés du château de Moulinsart de Tintin et des huttes du village d'Astérix. Dans cet univers très majoritairement urbain, la ville adopte le plus souvent une personnalité propre, à l'image de Tokyo dont les rues semblent ne pas disposer de nom propre. A travers une sélection d’environ 200 planches tirées des œuvres de plus de 40 auteurs, l’exposition « Mangapolis : la ville japonaise contemporaine dans le manga » dresse un panorama de cette architecture japonaise oscillant entre la modernité des ses gratte-ciels et les petits villages tranquilles des zones résidentielles.
Le parcours scénographié par Ludovic Smagghe en offre une initiation très théorique à travers cinq thèmes, de « l’anatomie de la rue japonaise » ouvrant l'exposition aux « lueurs d'orient » qui la clôturent en proposant le regard d'auteurs européens tels que Florent Chavouet, Emmanuel Guibert, Frédéric Boilet ou Lars Martinson Avec quatre séismes quotidiens en moyenne, plus d’une centaine de volcans en activité et de terrifiants typhons sporadiques, les villes nipponnes se découvrent aussi à travers un « chaos urbain », dont les scènes de destruction remplissent l'histoire du pays. Enfin, la « topographie fantasmée de Tokyô » rappelle que la capitale se devine également aux détours du parcours de la Yamanote, ligne du métro reliant tous ces lieux de pouvoir tout en découpant la ville haute et la ville basse gagnée sur les marais. Plus que jamais source d'inspiration, le regard de six manga-ka permet de l'entrevoir comme « un personnage à part entière »…
« Un personnage à part entière ». Dans « H2 » d'Adachi Mitsuru, les collégiens naviguent entre leur école, les terrains de baseball et la maison familiale. Dans ces cases vibrantes, les rues semblent sans cesse habitées comme pour témoigner de la vitalité de la jeunesse nipponne. « Every Day » de Nananan Kiriko préfère suivre les trajectoires de jeunes femmes déracinées, les espaces urbains apparaissant alors plus flous comme pour souligner la solitude propre à la modernité de ces grandes villes. Dans les mangas de Manabei Shôhei, « Ushijima, l’usurier de l’ombre » erre dans une « suburbia » barrée par les lignes à hautes tensions. On y découvre l'envers du décor traditionnellement représenté dans les mangas, rappelant que la réussite économique du Japon semble moins partagée qu'il n'y parait. Takahashi Tsutomu s’intéresse également aux oubliés du système, plus exactement aux bôsôzoku, ces gangs de motards dont les longues traversées assourdissantes les amènent parfois jusqu’au milieu des buildings remplis de financiers en costume sombre de Shinjuku, le wall street nippon. « Bakuon Rettô » montre les contradictions du Japon des années 1980, où la construction des immeubles rime avec l'ascension d'un pays qui découvre la lutte des classes. « The World is Mine » d' Arai Hideki dessine la cavale de deux poseurs de bombes en série, Toshi et Monchan… Du Nord du Japon, dont la neige recouvre les forêts, au Sud de l’archipel, les villes traversées étonnent par leur similarité, soulignant l'uniformité des constructions nipponnes et de leurs paysages urbains. « Beck » d'Harold Sakaguchi permet de pénétrer dans l'intimité du personnage de Youki, un jeune musicien, qui se dévoile entre sa maison, espace que les japonais gardent le plus souvent très privé et la baraque du club de pêche, autre lieu traditionnel de discussions intimistes…
« Mangapolis : la ville japonaise contemporaine dans le manga ».
A la Cité internationale de la bande dessinée d’Angoulême,
Du 30 juin au 7 octobre