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Musée & expo
L’Europe de Rubens au Louvre-Lens
Le musée du Louvre-Lens accueille l'exposition L’Europe de Rubens du 22 mai au 23 septembre 2013.
Un artiste européen
Né près de Cologne en 1577, et mort à Anvers en 1640, Rubens est un peintre flamand, amoureux de la culture italienne, et un fervent catholique au service de la Contre-Réforme romaine, mais attaché aux archiducs Habsbourg. Partagé entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud, il échappe pourtant à l'esprit de parti qui hante son époque.
Créateur de renom mais également fin diplomate, épistolier et entrepreneur, son travail est largement déterminé par le contexte européen sur le plan politique, social, religieux et économique. L'objet de cette exposition est de sortir Rubens du feu d'artifice baroque pour le montrer dans son Europe : celle des Espagne catholiques.
L'exposition. L’Europe de Rubens rassemble plus de 170 œuvres de Rubens et ses contemporains : peintures, dessins, sculptures et objets d'art, issues des collections du Louvre et de prestigieux musées européens et américains. Elle tente de restituer le dynamisme de la création rubénienne et traduit le caractère spectaculaire de son inspiration. Elle offre aussi des moments intimes, dévoilant la personnalité de Rubens. L'exposition est organisée autour de 6 thématiques : L'Europe des cours ; Emotion religieuse et foi baroque ; Monumentalité éphémère ; Rubens, émulation et concurrence ; Rubens et la république des lettres et Les voies du génie.
L'Europe des cours. Dans les deux premières salles sont rassemblés les portraits des puissants de l 'époque. Ces portraits illustrent l'intrication des réseaux dynastiques européens : Médicis, Habsbourg, Stuarts, Bourbons. Rubens a oeuvré pour l'Europe entière, pour ce qu'elle comptait de plus puissant.
Dans ces sections peuvent être vus, par exemple, les portraits de Charles Ier d'Angleterre à la chasse ou de l'Infante Isabelle Claire Eugénie d 'Autriche, régente des Pays-Bas, en habit de clarisse par A. Van Dyck, conservés au musée du Louvre, ou encore le portrait de Marie de Médicis, reine de France de Frans Pourbus le Jeune, conservé au musée du Prado à Madrid.
Emotion religieuse et foi baroque. La troisième salle fait découvrir les œuvres religieuses du peintre flamand. Hostiles au protestantisme, les œuvres religieuses de Rubens valorisent le catholicisme rénové. Dans sa quête artistique, il renouvelle le genre de l'intérieur, ouvrant la gamme des émotions. Il y a chez Rubens une fraîcheur dans la restitution des épisodes bibliques, une émotion dans le récit de la passion, une grandeur dans la figuration du Christ et de saints qui étonnent. Evoquant les passions de l'âme chrétienne, les peintures de Rubens se veulent universelles et sont faites pour un public nombreux qu'il faut impressionner et séduire à la fois.
Dans cette salle sont exposées, entre autres, les peintures de La Vision de sainte Thérèse d' Avila, conservée au musée Boijmans van Beuningen, à Rotterdam, L'Immaculée Conception conservée au musée du Prado à Madrid, ou encore L'éducation de Marie, conservée au musée des Beaux-Arts d'Anvers.
Monumentalité éphémère. Les compositions monumentales de Rubens sont présentées dans la quatrième salle. Comme Michel-Ange, le peintre conçoit son art en même temps qu'il imagine l'espace dans lequel le déployer. Paradoxalement, ses plus grandes contributions furent éphémères : par exemple, d'immenses décors pour célébrer l'entrée du frère du roi d'Espagne à Anvers, en 1635. Quelques-uns de ces chefs d'oeuvre baroques ont cependant survécu et donnent, dans l'exposition, une idée de l'échelle surprenante, comme de la fantaisie, de telles fêtes : la tapisserie Thétis plonge Achille dans le Styx, par l'atelier Frans Raes d'après Rubens, conservée aux Musées royaux d'art et d'histoire à Bruxelles, par exemple.
Rubens, émulation et concurrence. La cinquième salle montre les grands modèles de Rubens que sont Léonard de Vinci, Michel-Ange, Titien. Par ailleurs, si, Michel-Ange est le grand inspirateur de Rubens - sans doute plus que le Titien pourtant si important pour le Flamand - les écorchés et les figurations sculptées de ce dernier manifestent sa volonté de dépasser ses sources .
L'Ecorché en bronze du peintre et sculpteur Cigoli (1559-1613), comme les anatomies michelangélesques – des nus, des dissections - révèlent l'univers esthétique, et même scientifique, dans lequel évolue Rubens. Les recherches de Rubens sur le corps humain l'ont conduit à faire quelques hardiesses : Le torse du Belvédère de Pierre Paul Rubens, conservé dans la maison de Rubens à Anvers, Vénus et l'amour conservé au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid.
Rubens et la république des lettres. La sixième salle est consacrée à la république des lettres. Rubens se voit citoyen d'une patrie sans capitale, sans gouvernement, sans frontière, définie d'abord par la passion pour les choses de l'esprit : « la république des lettres ».
Collaborant avec un des plus grands savants de l'époque : de Peiresc (1580-1637), il essaie d'expliquer le sens d'une pierre impériale romaine taillée en relief, découverte en 1620 à la Sainte Chapelle de Paris. Rubens copie minutieusement la pierre dont on sait aujourd'hui qu'elle montre l'apothéose de Germanicus.
Pour Rubens, adhérant à la tradition humaniste, l'Europe chrétienne se devait de cultiver l'héritage de la culture antique comme le prouvent ses dessins de centaures dans ses tableaux. Parmi d'autres oeuvres, sont exposés dans cette salle : Le centaure chevauché par l'Amour, copie romaine d'un original grec conservée au musée du Louvre, le Grand camée de France ou Grand camée de la Sainte Chapelle : la glorification de Germanicus, conservé à la Bibliothèque nationale de France, à Paris.
Les voies du génie. On trouvera un autoportrait de l'artiste dans la dernière salle. Lorsque Rubens peint son autoportrait , il est à l'apogée de sa gloire. Montrer le génie est une question qui taraude les artistes et les philosophes, soucieux de laisser une image d'eux qui soit aussi comme une porte ouverte sur la création. C'est pourquoi, Rubens poursuit sa quête du génie par le biais de la peinture d'êtres chers et de proches.
En regard de l'autoportrait de Rubens, est exposé un autoportrait du Bernin, artiste qui incarne la voie du sublime. Sont aussi présentés : Un autoportrait de Pierre Paul Rubens, conservé à la Maison de Rubens à Anvers, un autoportrait du Bernin, conservé à la galerie Borghèse à Rome, le buste de Méduse du Bernin conservé aux Musées Capitolins à Rome.
Des dispositifs multimédias en complément de l'exposition. Au cœur de l'exposition, une salle est consacrée à la diffusion d'un film sur les voyages de Rubens, coproduit par le Louvre-Lens et Le Fresnoy Studio national des arts contemporains à Tourcoing. Réalisé par Alain Flescher, ce film suggère la multiplicité des lieux que Rubens a connus, en confrontant vues anciennes et actuelles de villes européennes.
Une autre salle évoque la correspondance de l'artiste à travers un dispositif sonore et visuel pour écouter des extraits et se filmer en train de lire des extraits de la correspondance de Rubens.
Infos pratiques
L'Europe de Rubens
Au Musée du Louvre-Lens
Du 22 mai au 23 septembre