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J. Previeux, Glissement, 2004, courtesy galerie Jousse entreprise

© Marc Domage

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Exposition "Rêver le quotidien, manuel de survie à l’ordinaire"

La Brasserie à Foncquevillers dans le Pas-de-Calais accueille l'exposition Rêver le quotidien, manuel de survie à l’ordinaire, du 30 mai au 29 septembre 2013 .

Une invitation à voir le quotidien autrement. La Brasserie présente une sélection de treize œuvres d'une douzaine d’artistes issues de la collection du FRAC Nord-Pas-de-Calais, avec pour thème la poétique de l’ordinaire. Le titre de l’exposition fait référence au livre « La vie mode d’emploi » de Georges Perec.
Ancienne brasserie artisanale, la Brasserie est un lieu de production, de création et d'exposition pour l'art contemporain au carrefour de l'Europe ouvert en mai 2011.
Le parcours muséographique s'organise autour de trois thèmes qui s'articulent à travers deux salles d'exposition :« Objets ou symboles et manifestes », « Formes ou usages et détournements » et « Nature ou rythmes et repères »

« Objets ou symboles et manifestes ». Dans la vidéo Foot on, Abdel Abdessemed, artiste plasticien engagé écrase une canette de soda, symbole du marché et du capitalisme, en réaction contre la mondialisation grandissante. Les œuvres d'Abdel Abdessemed dévoilent une énergie par où s'affirment le désir, la vigilance critique et la contraction poétique.
Saâdane Afif expérimente dans son travail sculptural l’emploi de matériaux issus du quotidien et manipule le remake. Avec le vélo L’André, il reprend les codes de l’artiste André Cadere, qui à l’usage de bâtons colorés d'anneaux, imagina l’art mobile. Il cite le travail d'un autre artiste autant par hommage que dans le but d'une réinterprétation.
Un des acteurs de l’Arte Povera, Jannis Kounellis perturbe le lexique de la sculpture en introduisant des objets évocateurs du monde du travail ou du loisir. Senza Titolo évoque un
homme par la présentation d’une paire de chaussures noires plantées de chalumeaux, des porte flambeaux reliés à une bonbonne de gaz allumée. Le feu est synonyme d'énergie, de chaleur et de lumière, et les chaussures sont une allégorie de l'homme qu'on trouve déjà dans Van Gogh.
Sarah Ortmeyer crée souvent des mythes à partir d’anecdotes historiques. Dans l’œuvre SABOTAGE (2009), prêt de la collection du FRAC, elle attire l’attention sur l’étymologie de ce mot. L'origine du mot viendrait du fait que des ouvriers agricoles français auraient protesté contre l’industrialisation croissante de leur travail en jetant leurs sabots dans les batteuses mécaniques. Ainsi, en allant à la racine de « sabotage », Ortmeyer apporte une nouvelle lecture sur l'usage actuel de ce mot, qui s'applique de nos jours à toutes sortes de situations.

« Formes ou usages et détournements ». Jeremy Deller fait se rencontrer la Dance Music, notamment l'Acid House, avec les fanfares, en référence à la culture ouvrière en Angleterre. En effet, les fanfares étaient liées au mécontentement social du XIXème siècle dans le Nord de l'Angleterre tandis que le phénomène Acid House a été réprimé et diabolisé. Performance Fairey's Band (1997) est une vidéo d'un de ses concerts, acquise par le FRAC en 2007.
La relation entre la routine du quotidien et le rôle de l'individu en public domine les actions de Jiri Kovanda. Il les met en place dans un lieu, avec ou sans la participation du public, sous forme de performance. Shelter se présente sous la forme d'un socle blanc sur lequel est posé un livre dont le titre comprend le mot « caché ». Un visiteur vient s'asseoir derrière le socle et lit le livre. L'action prend fin lorsque le visiteur repose le livre, alors que Standing propose aux visiteurs de fabriquer un trépied à l'aide de trois tasseaux de bois au-dessus desquels on fixe un gant de laine. Les œuvres présentées ici expriment les questions centrales de l'artiste : la communication impossible, la place de l'homme dans l'univers.
Si Catherine Melin crée de grands dessins muraux en noir et blanc, associés à ses installations vidéo, La Brasserie présente exceptionnellement seule la partie vidéo de l'ensemble visuel que composent ses Séquences vidéos (2001-2002). Ce travail met en scène des enfants filmés dans trois situations différentes, dans un quotidien ordinaire. Le choix des situations évoque l'oisiveté de ces jeunes au quotidien, mais les usages et les formes employés par l'artiste détournent le réel vers la fiction.
Les oeuvres de Julien Prévieux résultent d'un détournement de formes et d'objets en tous genres interrogeant leurs usages dans le domaine social et pratique. Son oeuvre Glissement est présentée à l l'extérieur. Le rail tourne en rond, dessinant un cercle parfait qui joue le rôle d'un enclos ou d'un circuit fermé. L'installation fonctionne sur le registre de la recomposition d'objets existants, dont la présence dans l'exposition invite le spectateur à une nouvelle approche.

« Nature ou rythmes et repères ». Robert Barry est un pionnier de l'art conceptuel, mouvement créé dans les années 60 à New York. Variation n°1 fait partie des oeuvres sonores, réalisées à partir de 1972. Une série de 178 mots en anglais, sont égrenés à intervalles réguliers, sur un rythme très lent, sans lien entre les mots.
Avec Blue Sail, Hans Haacke signe une oeuvre qui ne peut exister sans l'action du vent; elle fonctionne avec l'air généré par un ventilateur. Hans Haacke utilise des sources scientifiques et techniques pour créer des sculptures qui réagissent à leur environnement.
Dmitri Makhomet présente un de ses premiers films Malye Azerki, dans lequel il examine le rythme du quotidien, et de la nature. Dans cette oeuvre, il est question de la fuite du temps. Son approche artistique est inspirée par la peinture.
Quant à Roman Signer, il s'intéresse aux énergies de la nature et aux propriétés des éléments comme le sable, la pierre ou l'eau et combine la simplicité de gestes ou d'objets du quotidien à la complexité de dispositifs techniques et de phénomènes physiques qu'il déclenche.

Infos pratiques

Rêver le quotidien, manuel de survie à l’ordinaire
La Brasserie, à Foncquevillers
Du 30 mai au 29 septembre 2013
Ouvert samedi et dimanche de 11h à 18h et sur rendez-vous

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