© © Nicole Andrieu (CAOA Haute-Garonne)
Architecture & patrimoine
Patrimoine ...en Voyage
À des fins d'enrichissement d'expositions temporaires, les musées en France ou à l'étranger font souvent appel à l'État (collections des cathédrales) ou à des communes pour emprunter des objets mobiliers classés -ou inscrits- au titre des monuments historiques, faisant partie du patrimoine mobilier.
La Direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées, sollicitée pour donner un avis scientifique et technique sur ces prêts d'œuvres, souhaite informer le grand public sur le "voyage" de ces œuvres.
Après un avis favorable et l'accord du propriétaire selon qu'elles appartiennent à l'État ou non, les œuvres sont préparées pour le voyage : constat d'état, restauration préalable si nécessaire, emballage spécialisé pour le transport, etc. Elles peuvent ensuite être convoyées par un conservateur du patrimoine de la Drac (pour les objets appartenant à l'État) ou par un conservateur des antiquités et objets d'art, qui veillera à leur mise en place dans l'exposition.
En 2012, la Drac a donné un avis favorable (ou accordé le prêt en direct pour les collections des cathédrales) au prêt d'une dizaine d'objets mobiliers, dont quelques objets classés exceptionnels.
Ainsi des œuvres appartenant à l'État, conservées au Trésor de la cathédrale d'Albi (Tarn) sont aujourd'hui présentées au musée Rolin de la Ville d'Autun (Bourgogne), en partenariat avec le musée du Louvre, dans le cadre de l'exposition d'intérêt national intitulée :
"Bologne et le pontifical d'Autun : un chef d'œuvre inconnu du premier Trecento (1330-1340)" (jusqu'au 9 décembre 2012)
Plaques de gants épiscopaux, sud-ouest de la France, datées second quart ou milieu du XIVe siècle, en argent de basse-taille autrefois recouvert d'émail translucide ; Anneau épiscopal, daté XIVe siècle, découvert sous le chœur de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi (Tarn) en 1893, en or et saphir, viennent compléter l'exposition autour de la découverte en 2007 d'un extraordinaire manuscrit à l'Évêché d'Autun, ouvrage de premier ordre pour la connaissance de l'enluminure bolonaise du premier Trecento, sous influence, pour partie, de la peinture de Giotto.
Nombre d'autres objets exceptionnels et appartenant à des communes ont également été prêtés cette année, notamment un Petit coffret reliquaire de métal ajouré provenant de la châsse de saint-Pé-d'Ardet (XIVe siècle), propriété de la commune de Saint-Pé-d'Ardet, en dépôt au Trésor de Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne).
Il vient s'ajouter aux œuvres d'une dizaine de musées chypriotes, des collections de l'évêché de Nicosie et de plusieurs autres, rassemblées pour la première fois et présentées au musée du Louvre sous l'intitulé :
"Chypre médiévale : entre Bizance, l'Orient et l'Occident" (du 28 octobre 2012 au 28 janvier 2013)
L'exposition retrace l'histoire artistique contrastée de l'île de Chypre depuis le IVe siècle jusqu'à la conquête de l'île par les Ottomans, en 1571. Ce coffret d'étain et argent du XIVe siècle, classé au titre des monuments historiques par arrêté de protection du 4 novembre 1908 et provenant de l'île de Chypre, a été placé à côté de la plaque du musée national du Moyen Âge portant une inscription relative à Chypre. Il vient confirmer la question de l'attribution à des ateliers chypriotes de plaques de coffret en métal ajouré à décor profane du XIVe siècle.
Compte tenu de sa fragilité, cette œuvre a fait l'objet d'une restauration préalable, financée par la Drac, et réalisée en 2011 par le laboratoire Matéria Viva de Toulouse.
Contact : Drac Midi-Pyrénées, 05 67 73 20 20