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Abbaye de Cluny

© Olivier Duquesne

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« Maior Ecclesia », une expérience à vivre sur le site de l’Abbaye de Cluny.

À l'occasion de l’évènement international «Cluny 2010, Abbaye européenne de la connaissance», qui marque le 1 100ème anniversaire de la fondation de l'ordre clunisien, le Centre des monuments nationaux et Arts et Métiers ParisTech Centre de Cluny, qui occupent une partie des anciens bâtiments monastiques, ont décidé de recourir à la réalité virtuelle pour combler la frustration des visiteurs qui découvrent un vide à l’emplacement de la grande Église.

Leur objectif ? Permettre aux 100 000 visiteurs annuels de percevoir sur le site, le plus fidèlement possible, ce patrimoine disparu grâce à des dispositifs High Tech inédits qui mêlent vision actuelle et éléments virtuels du passé.

Histoire du site de l'abbaye de Cluny
Fondée en 909 ou 910, l’Abbaye de Cluny fut en son temps l’un des joyaux de l’Occident chrétien. En 910, les premiers moines arrivent à Cluny. Sous l’abbatiat d’Hugues de Semur de 1049 à 1109, les besoins d’espace et la recherche de la spiritualité poussent les moines à construire une église aux proportions exceptionnelles : la Maior Ecclesia.
Elle sera la plus grande église de la Chrétienté jusqu’à la construction de Saint-Pierre de Rome, quatre siècles plus tard.
Au XVIIIème siècle, les bâtiments conventuels de l’abbaye sont reconstruits dans un style classique. A la fin des travaux, la Révolution Française éclate. Le chef d’oeuvre de l’art roman se voit peu à peu démantelé mais l’église ne disparaîtra pas totalement. A la destruction de l’église, les bâtiments sont « coupés » pour faire passer des voies de circulation. Les bâtiments du XVIIIème siècle sont cédés à la ville qui y installe habitations, marché couvert, mairie… Des haras nationaux sont créés par Napoléon III. Dès 1900, la ville de Cluny cède à son tour les bâtiments à l’Etat. Une école est alors créée (aujourd’hui Arts et métiers ParisTech).

Deux établissements publics se partagent désormais les lieux :
- Arts et Métiers ParisTech (bâtiments XVIIIème siècle)
- le Centre des monuments nationaux.

Hezelon et Gunzo
Aujourd’hui, la Maior Ecclesia se dessine, en pointillés à travers la ville. Ses vestiges, morcelés, éclatés, constituent autant de pièces d’un puzzle difficilement lisible pour les non initiés. À l’occasion du 1 100ème anniversaire de la fondation de l’ordre clunisien, deux projets ambitieux ont vu le jour.
Ces projets, ce sont Hézelon et Gunzo. Ils redonnent vie à la Maior Ecclesia. Ils dessinent dans le Cluny d’aujourd’hui l’empreinte de l’église disparue, confrontent ses traces à la ville actuelle. La Maior Ecclesia apparaît. Elle prend forme, par petites touches. Les pièces du puzzle s’assemblent.

Hézelon, la restauration
Le premier, Hézelon, inscrit l’église dans la pierre. Il porte le nom du moine architecte de la Maior Ecclesia. Il s’agit d’un vaste programme de restauration incluant le circuit de visite et les vestiges existants. Il prévoit le dégagement et la mise en valeur des parties orientales de l’abbatiale. Il permet aux visiteurs
d’appréhender « physiquement » l’ampleur du bâtiment.

Gunzo, la restitution virtuelle
Le second, Gunzo, propose une approche virtuelle. Il porte le nom du moine légendaire qui aurait vu, en songe, la Maior Ecclesia. Gunzo s’inscrit dans une activité de recherche scientifique et technologique portée par le Centre Arts et Métiers ParisTech. Plateforme pluridisciplinaire réunissant ingénieurs, historiens de l’art, archéologues, géographes… Gunzo a pour vocation d’interpréter et de valoriser le patrimoine roman à travers les nouvelles technologies de l’image.

A Cluny, le projet Gunzo se compose de deux volets :
- une dimension recherche (Gunzo). Constitution d’une maquette numérique de la grande église
- un programme de médiation (Maior Ecclesia). Les recherches servent de support à la création d’objets de médiation à destination des visiteurs de l’Abbaye. Ce programme est porté conjointement par le Centre des monuments nationaux, Arts et Métiers ParisTech et on-situ.

Grâce à cette combinaison intelligente entre restauration du site et mise en valeur par le biais des technologies innovantes, Cluny retrouve son éclat aux yeux des nombreux visiteurs qui comprennent le génie des moines et l’impact de l’ordre clunisien à l’échelle européenne.

© Ministère de la Culture et de la Communication