KLAP : le Grand Studio

© © KLAP, Kelemenis Cie

Théâtre - Danse

KLAP de début à la Maison pour la danse de Marseille

Depuis le 21 octobre, un nouveau lieu de création chorégraphique ouvre grand ses portes dans la cité phocéenne. Conçue par Michel Kelemenis, la Maison pour la danse, nommée KLAP, accueille des compagnies en résidence et crée un lien avec le public, grâce à sa programmation d’action culturelle.

Un lieu de création sur un site industriel. Non loin de la friche de la Belle de mai, à Marseille, vient de naître une Maison pour la danse. Baptisée KLAP, elle prend place elle aussi sur un ancien site industriel, tour à tour teinturerie puis hangar à camions. Le bâtiment neuf - un cube marron - se glisse dans les bâtisses d'origine rénovées à cette occasion.
 Située dans l'ancien quartier ouvrier de Saint-Mauront, la Maison pour la danse conçue par le chorégraphe Michel Kelemenis est un lieu de création et de résidence pour les compagnies. Elle abrite trois studios que distribue un hall d'accueil, destinés aux répétitions, à l’enseignement et aux actions culturelles, ainsi qu’aux représentations. L’idée est de ne pas créer en vase clos mais de « s’ouvrir aux scolaires, aux danseurs professionnels et amateurs, au quartier… » affirme le chorégraphe Michel Kelemenis. « Les portes sont ouvertes au maximum pour créer le lien ».

Visite guidée. Entrons donc dans ce lieu sans plus attendre. A droite le petit studio plus particulièrement dédié à la formation et à l’action de sensibilisation du jeune public. Un peu plus loin, un couloir rose fuchsia débouche sur le grand studio. Pour Michel Kelemenis, il est « très au-delà d’un studio amélioré ». Consacré aux répétitions, il est actuellement investi par la compagnie marseillaise Ex Nihilo et peut accueillir 90 spectateurs.
 Enfin, sur la gauche du hall d’accueil, un couloir avec liseré  lumineux bleu au sol mène au studio de création. Une salle qui peut accueillir 240 personnes. « C’est unique, exceptionnel » déclare avec enthousiasme Michel Kelemenis. Il souligne le silence du lieu, construit avec plein d'astuces, permettant à un seul technicien de gérer les lumières et le son sans fil apparent. « Ici on peut prendre son temps pour créer » précise son concepteur. La scène mesure 15 mètres sur 15 et la salle très haute de plafond prend des tons noir, rouge et gris.   
 « Je veux que ce soit un lieu pétillant, où l’art et la culture soient souriants. » conclut Michel Kelemenis. D'ailleurs les premiers à y être entrés, sont des enfants venus voir le spectacle du chorégraphe intitulé "Henriette et Matisse", la semaine dernière.

« Il va y avoir beaucoup, beaucoup plus de danse à Marseille ». La programmation de KLAP propose en effet un volet jeune public avec des représentations à leur intention et des actions de sensibilisation comme des ateliers scolaires ou en famille. Elle présente le travail des artistes en résidence (25 compagnies pour la première saison) mais aussi de partenaires extérieurs qui « seront de plus en plus nombreux. » « Il va y avoir beaucoup, beaucoup plus de danse à Marseille » promet Michel Kelemenis.
 Depuis son installation avec sa compagnie dans la ville en 1989, le chorégraphe constitue un réseau de partenaires. Des exemples ? Le Ballet National de Marseille, le Ballet du Grand Théâtre de Genève présents lors de la soirée d'inauguration et qui reviendront. Le festival Question de danse, vitrine de 12 projets chorégraphiques, avec le Théâtre des Bernardines et le Festival Dansem.
 Derrière cette programmation, il y a l’idée du « partage » des créations des artistes avec le quartier, avec Marseille. Une restitution d’un atelier avec des familles du coin a déjà été réalisée. Elle sera suivie d’autres actions de sensibilisation, notamment en milieu scolaire avec le programme Educadanse.
 KLAP s’inscrit aussi dans un réseau européen European Dancehouse Network et une coopération internationale, en particulier avec l’Afrique du Sud. Elle rejoint également la plateforme vidéo numeridanse.tv. Sa contribution à Marseille Capitale européenne de la culture en 2013 se dessine peu à peu.

Le premier klap. Lors de l’inauguration, le 21 octobre, un panel d'extraits des spectacles de Michel Kelemenis montre l’inventivité et la variété de l’univers chorégraphique de celui qui a débuté dans la danse avec Dominique Bagouet et Angelin Preljocaj.
 Au programme de cette soirée d’ouverture, « Tattoo » : une chorégraphie organisée autour de deux carrés lumineux projetés au sol entre pointes et art contemporain, par le Ballet national de Marseille. « L’ombre des jumeaux » pour le Ballet de l’Opéra national du Rhin. Deux spectacles pour le jeune public drôles et inventifs : « Cendrillon » pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève, et « Henriette et Matisse », créé à la dernière Biennale de Lyon.
 Et des solos de deux des filleuls prometteurs de Kelemenis. « That side » interprété par l’africain du Sud Fana Tshabalala, dansant une traque, une bataille, et les peurs qui l accompagnent  sur une composition musicale faites de bruits étranges, et de tirs de balles. « Faune Fomitch » interprété par Thomas Birzan, seulement âgé de17 ans. Et un solo final de Kelemenis lui-même.
 Si la maison pour la danse se nomme KLAP, c’est en référence au bruit qui annonce le début d'une scène au cinéma et à l’applaudissement qui marque l'achèvement d'un spectacle. En ce soir d'inauguration la résonance du premier klap d'applaudissement dans cette salle silencieuse, dont Michel Kelemenis semble si fier, reste un moment de partage émouvant, qui en appelle d'autres.
 
 KLAP, Maison pour la danse à Marseille
 Inauguration le 21 octobre
 Journées portes ouvertes les 22 et 23 octobre
 Festival Question de danse du 25 octobre au 5 novembre
 Fana Tshabalala en solo le 1er décembre
 Une collaboration Ballet national de Marseille, Dansem et KLAP les 6 et 7 décembre
 Cartes blanches à l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille le 13 décembre

KLAP et la compagnie Kelemenis reçoivent le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication - DRAC PACA, la Région PACA, le Conseil Général des Bouches du Rhône, la Ville de Marseille et la Fondation BNP Paribas.

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