Bob Dylan

© Crédits :  Columbia / Sony Music

Portrait - Dossier

Rentrée musicale : sélection d'albums à ne pas manquer

L’automne s’annonce riche en sorties musicales ! Entre le trente-cinquième album de la légende Bob Dylan et le premier opus lumineux du nouveau prince du R’n’B Frank Ocean, petite sélection des disques incontournables de la rentrée.

Pop - Rock
 
 Cinquante ans après la sortie de son premier album Bob Dylan, le roi de la folk publie Tempest (Columbia), un trente-cinquième opus qui compile les fondamentaux de cette légende vivante de la musique américaine : piano, blues et folk. Côté textes, la religion est très présente mais pas seulement. Tempest, ballade country et titre de l’album renvoie au naufrage du Titanic alors que Roll on John est un vibrant hommage à John Lennon (http://www.bobdylan.com/us).
 
 Autre album, sans doute le plus attendu de cette rentrée, Coexist (XL/Beggars) des Londoniens The XX. Le premier disque de cette bande d'amis d’à peine 20 ans avait fait sensation à sa sortie en 2009. Leur deuxième livraison s’inscrit dans une certaine continuité : un rock minimaliste, des basses envoutantes et les voix des deux chanteurs, toujours posées mais plus présentes (http://thexx.info).
 
 Enfin un autre deuxième album très réussi, celui des Rémois de Bewitched Hands, Vampiric Way (Jive Epic), élu disque du mois par le magazine Rock&Folk. Pop, rock et psychédélisme continuent d’animer cette bande de six garçons et (une) fille souvent comparés à Arcade Fire pour leur approche « chorale » de la scène et de l’interprétation (http://www.myspace.com/handsbewitched).

Rap - R’n’B - Soul
 
 Tout a été dit sur Channel Orange (Def Jam - Universal) sorti cet été et présenté comme l’un des évènements musicaux de la rentrée : album ovni, lumineux, son auteur Frank Ocean s’inscrivant dans la lignée de Stevie Wonder et Marvin Gaye. Difficile d’en rajouter, si ce n’est pour saluer le génie de ce jeune compositeur de 25 ans qui casse les codes d’un R’n’B d’habitude trop formaté et signe un album majestueux et inclassable (http://frankocean.com).
 
 Mélange des genres également avec Roi sans carrosse (Cinq 7 / Wagram), le sixième album d’Oxmo Puccino. Le « Black Brel », comme on le surnommait à ses débuts, ose l’alchimie des styles entre hip-hop, musique classique et jazz et s’entoure de nouvelles collaborations comme Renaud Létang le producteur - entre autres - de Feist et d’Alain Souchon (http://www.oxmo.net).
 
 Retour aux sources enfin pour Zenzile et leur huitième album Electric Soul (Yotanka / Differ Ant). Après quelques effusions rock assumées sur leurs précédents albums, les Angevins qui célèbrent cette année leurs dix-sept ans de carrière reviennent à leur première passion : le dub, genre qui les a fait connaître au milieu des années 90 et dont ils sont les principaux ambassadeurs en France (http://www.zenzile.com).

Electro
 
 On attendait beaucoup du quatuor C2C, après le fracassant Down the road diffusé tout l’été. L’album Tetra (Mercury) est à l’image de ce single : frais, punchy et redoutablement efficace. C2C parvient même à nous étonner en nous entrainant vers des sonorités pop et funk, alors qu’on attendait les Nantais en « simples » rois du scratch. Preuve de leur renommée montante, la participation du Suédois Jay-Jay Johnson sur la ballade électro-planante Give up the ghost (http://www.c2cmusic.fr).
 
 Moins solaire mais tout aussi réussi, Beams, le cinquième album de Matthew Dear (Ghostly International) tend lui vers une pop électronique et minimaliste. Jamais la voix du producteur américain n’aura été aussi présente sur un album déjà comparé à Low, premier opus de la trilogie berlinoise de David Bowie sorti en 1977 (http://www.matthewdear.com).
 
 Quant au Français Wax Tailor, il continue d’explorer ses sonorités fétiches, hip-hop et old school. Son quatrième et double album Dusty Rainbow from The Dark (Believe Recordings) est un conte, l’histoire d’un jeune garçon à la recherche d’un « arc-en-ciel poussiéreux ». Entre deux samples, Don McCorkindale, figure emblématique de la BBC, prête sa voix à ce récit extraordinaire (http://waxtailor.com).

Jazz - Classique
 
 Il peut s’avérer compliqué quand on s’appelle Diana Krall et que l’on possède l’une des plus belles voix du jazz actuel de se réinventer à chaque disque. Pari gagné pour la belle Canadienne avec Glad Rag Doll sorti le 1er octobre (Verve/Universal). Après les reprises langoureuses façon bossa nova de Quiet Nights en 2009, la diva revient à un son plus brut avec ces standards des années 20 à 60 comme Lonely Avenue de Doc Pomus, compositeur fétiche d’Elvis Presley (http://www.dianakrall.com).
 
 Au rayon classique, l’événement c’est Mission, le nouvel album-concept de Cécilia Bartoli (Decca). La mezzo-soprano nous fait découvrir le travail d’Agostino Steffani, compositeur italien oublié du début du XVIIIe, maître de Haendel et considéré comme l’un des plus grands compositeurs d’opéra de son époque (http://www.ceciliabartolionline.com/cms/francais/accueil.html).
 
 Enfin hommage à la chanson avec le surprenant Song song song de Baptiste Trotignon (Naïve), entre compositions originales et reprises décalées de grands classiques de la chanson française (La Javanaise, Ne me quitte pas…), le tout porté par quelques invités de marque comme Miossec ou Melody Gardot (http://www.baptistetrotignon.com).

 Chanson française
 
 Après l’immense succès de La Superbe (2009), Benjamin Biolay revient avec un septième album intitulé Vengeance (sortie le 5 novembre, Naïve). Outre les cordes et les influences new-wave déjà très présentes sur La Superbe, Biolay ose des genres plus inattendus comme sur Ne regrette rien, ballade hip-hop en duo avec Orelsan. Vanessa Paradis, Oxmo Puccino et Julia Stone s’invitent aussi sur cet album imaginé comme une « immense fête » selon les propres mots du chanteur (http://www.benjaminbiolay.com).
 
 Daphné, elle, a accepté un pari un peu fou. Enregistrer un album hommage à celle à qui elle fut parfois comparée. Treize chansons de Barbara (sortie le 29 octobre, Naïve) reprend quelques uns des grands classiques de la dame en noir : L’Aigle noir, Ma plus belle histoire d’amour ou encore l’émouvant Göttingen en duo avec Jean-Louis Aubert (http://www.daphne.fr).
 
 Du côté des révélations, un album étonnant : Lescop (Mercury) signé du jeune chanteur du même nom. Sa pop est synthétique, portée par des guitares et des synthés tout droit sortis des années 80. Les textes eux sont plutôt noirs et parlent d’amour et de cinéma. On pense à Daniel Darc, Indochine et Polnareff (http://www.popnoire.com/lescop_fr).
 
 Enfin, unanimement salué par la critique, Places de Lou Doillon (Barclay). Après la mode et le cinéma, la fille de Jane Birkin et Jacques Doillon signe textes et musiques sur ce premier album produit par Etienne Daho. Elle défendra sa folk intimiste et touchante sur la scène des Transmusicales de Rennes du 5 au 9 décembre (http://loudoillon.fr).

© Ministère de la Culture et de la Communication