Galerie impressionniste

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Portrait - Dossier

Les nouveaux espaces du musée d'Orsay

Le 20 octobre, les nouveaux espaces du musée d'Orsay à Paris ouvrent au public après deux ans de travaux...

 

De la gare au musée. Face au jardin des Tuileries, l’établissement a pris place dans l'ancienne gare d'Orsay, construite pour l'exposition universelle de 1900. Depuis le 9 décembre 1986, il y présente l'art des quelques décennies qui s'écoulent entre 1848 et 1914. A travers les 16 853 m2 de 80 salles ou galeries différenciées, le musée d'Orsay a depuis accueilli près de 70 millions de visiteurs. Chaque année, ils sont encore plus de 3 millions à venir découvrir une partie des 5 000 peintures qui composent sa collection, du réalisme à l'impressionnisme, autour de ses célèbres chef d’œuvres tels que l’ « Olympia » d'Édouard Manet, « la Danseuse âgée de quatorze ans » de Degas, « L'Origine du monde » de Courbet ou « Le bal du moulin de la Galette » de Renoir. Mais le musée d'Orsay offre également une place importante à l'Art décoratif, du Second Empire au style Art nouveau, à la photographie avec les clichés intemporels d'Edouard Baldus et Gustave Le Gray, ainsi qu' à la sculpture, avec plus de 2200 pièces dont le « Grand paysan » de Dalou ou « L'Age d'airain » de Rodin...

Fluidité et modernité. Le 20 octobre, près de deux ans de travaux présente leurs fruits à travers la création du Pavillon Amont, une galerie impressionniste entièrement rénovée, une nouvelle salle d’exposition temporaire, ainsi qu'un Café de l'horloge entièrement redésigné par les frères Campana. Le directeur du musée d’Orsay, Guy Cogeval annonce déjà « une renaissance de l'établissement après 25 ans ». Les chiffres impressionnent avec un budget de 20 millions d'euros et 44% des surfaces rénovées soit près de 7200m2 qui ont permis au musée d'art moderne de « gagner en fluidité et modernité » selon son directeur. "Le musée d'Orsay dispose enfin d'un espace qui est à la mesure de son succès et qui va l'amplifier", notait également François Fillon lors de son inauguration, rappelant qu'il faisait déjà partie "des dix musées les plus visités au monde".

Un pavillon réaménagé. Le pavillon Amont a bénéficié d’une importante restructuration, réalisée par Dominique Brard et l’Atelier de l’île. Cinq niveaux d’exposition avec planchers et cimaises aux teintes sombres sont dorénavant proposées. Baigné dans un puits de lumière, le rez-de-chaussée accueille désormais les grands formats de Courbet, auparavant mal éclairées dans les salles à coupole du musée, alors que les trois étages supérieurs regroupent l’art décoratif international des années 1900. Une imposante passerelle métallique relie le deuxième étage et les galeries de la grande nef consacrées aux nabis, offrant ainsi une métaphore symbolique du lien les unissant. Clin d’œil aux structures d'acier de la gare du XIXème, elle alloue également à ses visiteurs une imprenable vue transversale sur le musée. La nouvelle structure mélange ainsi les disciplines dans « une mise en situation d’intérieur, valorisé par un violet tellurique et un impressionnant puits de lumière », selon l'architecte Dominique Brard. L'architecture industrielle a donc été modifiée afin de « permettre des circuits plus directs et éviter les cheminements complexes ». Au 5ème étage, avant d'atteindre la galerie impressionniste, Guy Cogeval invite dorénavant les futurs visiteurs à se reposer dans un « espace de respiration » qui permet à travers l'une des fameuses horloges de « regarder Paris comme si vous étiez à son balcon », offrant une vue imprenable sur le Sacré-cœur, les tuileries ou le Louvre... Cet espace épuré mène désormais paisiblement à la galerie impressionniste également rénovée.

Sobriété et modernité. Dans la galerie adjacente, Le « Déjeuner sur l'herbe » de Monet, les Courbet, Sisley et autres Cézanne, bénéficient du travail de Jean Michel Wilmotte, qui les a entouré d'une « impression de hauteur et de lumière jamais connu auparavant ». La pierre blanche qui recouvrait le sol et les murs dans la muséographie initiale de l’architecte italienne Gae Aulenti a laissé place à un parquet et un élégant intérieur gris foncé. «Ces tableaux ont été peints pour des salons et des intérieurs bourgeois. On est plus proche de l’esprit original», rappelle le directeur. En effet toujours selon lui, "le blanc tue toute peinture, en dehors de l'art du XXe siècle et de l'art contemporain. Lorsque vous placez une peinture académique ou impressionniste sur un fond blanc, le rayonnement du blanc, son halo d’indétermination autour de l’œuvre empêchent la révélation des contrastes de valeur, parfois si subtils. Le blanc est l'ennemi de la peinture, à mon avis. »

L'arrivée du design contemporain. Sept bancs en verre massif dessinés par le Japonais Tokujin Yoshioka permettront d’y apprécier les Degas comme l'arrivée nouvelle du design contemporain dans le musée. Aussi Guy Cogeval rappelle que « dès les premières réflexions sur le réaménagement des salles, il est apparu essentiel d'intégrer le design contemporain à l'architecture du lieu. C'est dans cette optique qu'ont été sollicités les frères Campana pour renouveler entièrement le décor du café de l'Horloge. S'inspirant d'Emile Gallé, les deux célèbres designers brésiliens ont imaginé une atmosphère "onirico-aquatique", comme un hommage au grand verrier lorrain et à l'Art Nouveau. » Ainsi les designers brésiliens Fernando et Humberto Capmpana ont eux repensé le café de l'horloge pour créer un univers proche du Nautilus, où murs de miroir et de corail offrent « après l’austérité une explosion de lumière »...

Le départ des colonnes. L'ancienne « Salle des colonnes », où Signac et Seurat étaient, entre autres, auparavant exposés, devient une salle d’exposition temporaire et modulable qui accueillera deux ou trois évènements chaque année, à l'image des « Naturalistes » qui orneront bientôt ses murs. A ses cotés, une dizaine de petits cabinets mitoyens présentent la collection d’art graphique, riche de milliers de dessins et d'une exceptionnelle collection de photographie ancienne.

Futures expositions. Le considérable gain d'espace et de modularité permis par ces rénovations offre déjà une présentation des œuvres plus aérée. Mais son directeur rappelle que même « les vitrines, plus légères, inviteront au dialogue avec les artistes tout autour. La présentation sera plus "polyphonique, les catégories seront moins sûres d'elles-mêmes ». Toutes ces modifications architecturales donnent donc également naissance à une nouvelle manière d'envisager la programmation du musée. Ainsi Guy Cogeval assure que lui et son équipe vont s'employer à "imprimer un rythme différent à la présentation, tout en respectant les "écoles" et les grandes personnalités artistiques. Faire émerger plus de sens et introduire des problématiques plus stimulantes. Il faut surprendre. amener à réfléchir. Mettre les œuvres en perspective avec d'autres disciplines, par cette dérive pluridisciplinaire, nous revenons à l'essence du projet d'origine »...


Musée d'Orsay
1, rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris.
Ouverture de 9h30 à 18h les mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche Nocturnes jusqu’à 21h45 le jeudi

 

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