© © Magali Bragard
Portrait - Dossier
Blanca Li : « Dansez avec moi ! »
Les 23, 24 et 25 septembre 2011, Blanca Li transforme la nef du Grand Palais à Paris en un immense studio de danse. Depuis longtemps, la danseuse espagnole rêvait de créer un grand rassemblement, festif et populaire, autour de la danse. Retour sur une artiste pour qui créativité et partage ne font qu'un.
Vous avez le rêve de faire danser Paris , depuis quand et pourquoi ce projet vous tient-il à coeur ?
Blanca Li : J'ai essayé plusieurs fois de monter ce projet ambitieux et je suis finalement très heureuse de le réaliser aujourd'hui à Paris, au Grand Palais, parce que les choses ont mûri. Cette première édition de la fête de la danse sera beaucoup plus belle qu'elle ne l'aurait été il y a dix ans.
Pensez-vous que tout le monde puisse danser, enfants, parents, grands-parents ?
BL : Je veux susciter l'envie de danser ! Et à travers la danse, créer une très grande fête ! La nef du Grand Palais est assez spacieuse pour accueillir tous ceux qui veulent danser : couples, familles, compagnies de danse amateur ou professionnelle. Il y aura une vingtaine de cours de danse différents. Sur chaque écran, une petite chorégraphie d'une dizaine de minutes permettra à chacun d'éprouver le plaisir de danser : danse indienne, japonaise, baroque, contemporaine, classique, africaine, brésilienne, flamenco, salsa... Le public pourra explorer un large éventail de formes d'expression corporelle.
Vous irez à la rencontre du public ?
BL : Pendant trois jours, je serai là. Jour et nuit puisque le samedi soir, nous organisons une gigantesque boîte de nuit ! En amont de la fête, nous allons également mettre en ligne une petite chorégraphie que chacun pourra apprendre chez lui avant de venir.
Vous êtes née à Grenade en 1964, dans quelle atmosphère avez-vous grandi ?
BL : Je suis née dans une famille de sept enfants. Mes parents n'étaient pas des artistes professionnels mais mon père aimait chanter, ma mère aimait danser et j'ai le souvenir d'une enfance joyeuse et festive. Très tôt, j'ai commencé à faire des petits spectacles avec mes frères et soeurs et je crois que mon envie de créer vient de là. Au fond, elle a toujours existé !
Quel enseignement avez-vous gardé de vos années d'apprentissage à l'école de Martha Graham à New-York ?
BL : Martha Graham était déjà âgée lorsque j'ai intégré l'école. Elle n'enseignait plus mais voulait que sa technique soit transmise avec rigueur et précision. Elle venait assister aux cours à l'improviste, toute vêtue de noir avec ses gants et son chignon énorme ! L'école était assez austère. Au bout de quatre ans, je suis sortie avec une vrai technique qui a façonné mon corps pour toujours. Je mesure aujourd'hui le privilège que j'ai eu ; il n'y avait pas de cloison entre l'école et le travail de Martha Graham et j'ai connu tous les grands danseurs de la compagnie.
C'est en assistant aux répétions que vous avez eu envie de devenir chorégraphe ?
BL : Nous avions des stages de chorégraphie. Ma première composition était un pas de deux, assez contemporain avec une musique de flamenco. Martha Graham l'a vu, m'a félicitée et encouragée. Elle disait qu'il fallait être un peu espagnol pour danser ! Elle laissait la place à l'émotion et l'interprétation, à l'opposé d'une neutralité recherché par tout un mouvement chorégraphique de l'époque.
Quels sont les éléments clés de votre langage chorégraphique ?
BL : La position du torse, des mouvements de bras très graphiques, beaucoup de cambrés. Tous ces éléments sont issus de ma formation de gymnaste, j'ai été championne de gymnastique à l'âge de douze ans, du flamenco qui fait partie de ma culture et de l'influence de Martha Graham qui aimait l'expression des visages et des corps. Et puis, je suis curieuse de tout !
Cette appétit de connaître vous permet-il de passer de William Christie à l'Electro danse ?
BL : Si quelque chose m'attire, je ne me pose pas la question, je le fais. En promenant mes enfants au parc et j'ai vu une bande de garçons répéter en bougeant les bras de façon si rapide… Dès que l'opportunité s'est présentée, je leur ai proposé de faire un spectacle : Electro kif. C'est un moteur extraordinaire pour moi de travailler avec ces garçons de dix huit ans qui ont une énergie phénoménale ! Quand j'ai rencontré William Christie pour la première fois, il m'a demandé ce que je connaissais de la danse baroque. Je lui ai répondu : « rien ! ». Nous avons ri et le travail a commencé. Revisiter la danse baroque a été une aventure magique : S'il n'y a pas d'échange, il n'y a pas de créativité.
A venir :
La Fête de la danse
Du 23 au 25 septembre 2011 Le Grand Palais, Paris 8
En tournée :
Electro Kif, Pièce chorégraphique pour 8 danseurs electro
Mise en scène et chorégraphie Blanca Li
23 mai 2012 , Le Moulin du Roc, Niort
15 mai 2012 , Théâtre Georges Leygues, Villeneuve sur Lot
10 mai 2012 , Théâtre municipal, Grenoble 09 mai 2012, Le Cratère, Alès
05 mai 2012, Salle Gérard Philippe, Sainte Geneviève des Bois
03 mai 2012, Centre d'Art et de Culture, Meudon
12 avril 2012, Le Nouveau Relax, Chaumont 06 avril 2012, Théâtre les Cordeliers, Romans sur Isère