CH1A-001H, Chambord, 125 x 250, C-print 2014 © Bae Bien-U 2013-2015, All right reserved

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Portrait - Dossier

Bae Bien-U, un photographe coréen à Chambord

Le château de Chambord dévoile la première exposition en France du photographe coréen Bae Bien-U. Elle présente, jusqu’au 12 juin, le regard de l’artiste sur les forêts du domaine de Chambord et de Gyeongju en Corée.

Un regard contemplatif. Dans le cadre de l’Année France-Corée, le château de Chambord accueille une exposition du grand photographe coréen contemporain. Lors d’une résidence au château en 2014 et 2015, Bae Bien-U a porté son regard sur la forêt du domaine national de Chambord, la photographiant à chaque saison. Le résultat de ce travail est exposé, en regard de ses photographies de la forêt de pins sacrés Gyeongju, située en Corée du Sud. Une soixantaine de photographies, dont cinquante grands formats, sont ainsi présentées au public au second étage, sous les voûtes à caisson du château.
Depuis plus de 40 ans, Bae Bien-U photographie des paysages naturels, en particulier, des forêts. Le pin, arbre à la signification sacrée dans la culture coréenne, est devenu un motif récurrent de ses oeuvres. « Les pins sont les symboles de l’âme du peuple coréen, explique l’artiste. » A côté du travail graphique qui les caractérise, ses photographies évoquent une expérience contemplative en lien avec la nature.

Peinture et photographie. Bae Bien-U a été formé à la peinture traditionnelle puis au design avant de se consacrer à la photographie. Ses œuvres renvoient à la peinture à l’encre coréenne (« sumukhwa »), caractérisée par un travail sur la limite, les contrastes et les différentes valeurs de gris, de noir et de blanc. L’artiste s’inspire en particulier des paysages du peintre coréen Gyeomjae Jeong Seon, dont le chef d’oeuvre L’Eclaircie au mont Inwang (1751) présente un fort contraste entre le noir de la montagne et la brume du village. Bae Bien-U souhaite réinterpréter cette tradition picturale du paysage. Chez lui, « la puissance de l’image tient essentiellement dans sa construction très solide, quasi-géométrique, dans laquelle les lignes de force rythment l’espace qui se décline dans toutes les nuances chromatiques du noir au blanc. A ce titre, la présence essentielle du « voilé » (brouillard, brumes, nuages) consiste à rendre visible la lumière qui y joue, jusqu’au reflet, selon une grande variété chromatique et volumétrique, commente Yannick Mercoyrol, commissaire de l’exposition. »

L’imaginaire de la forêt. S’il utilise le format panoramique, Bae Bien-U reconstruit le paysage et tronque le motif avec des cadrages aux plans rapprochés, donnant plus de force à ce qui est photographié. Selon Yannick Mercoyrol, « le pouvoir suggestif des arbres qui semblent rejoindre, hors cadre, quelque point imaginaire, se trouve renforcé par une qualité de tirage qui fait ressentir physiquement au spectateur le grain du tronc… Le jeu de leurs lignes torsadées enclenche une dynamique de l’image qui embarque le spectateur, rythme sa vision, et fait de ces espaces solitaires, une image possible, d’une forme de sublime, en construisant un lieu quasi abstrait, vide de toute présence humaine ou animale, qui verse peu à peu dans une dimension mythique. Forêt de Gyeongju ou de Chambord, qui appellent tout l’imaginaire de la forêt dans l’histoire humaine. » Une vision poétique à découvrir.

Une autre exposition consacrée à Bae Bien-U est présentée au musée d’art moderne et contemporain de Saint-Etienne jusqu’au 31 janvier 2016.

Infos pratiques

Bae Bien-U, d’une forêt l’autre
Au château de Chambord
Du 27 septembre 2015 au 12 juin 2016

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