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Musiques - Concerts
Fête de la Musique : et vous, quel sera votre programme?
Le 21 juin, Jacques Higelin sera dans la Loire, l'Orchestre de Paris sous la pyramide du Louvre, Patrick Bruel à Marseille, Michel Fugain à Perpignan, Cali à Strasbourg ou Salif Keita à Saint-Denis... Ce sont quelques-unes des têtes d'affiche qui, dans la joyeuse diversité qui a fait le succès de l'événement, vont faire résonner une 32e Fête de la Musique placée sous le signe de la voix. Mais la Fête, c'est aussi le frisson de la découverte... Musiciens ou spectateurs, quatre aficionados de l'événement nous racontent leur programme pour cette journée particulière.
Patrick P. 53 ans, : « des standards rock vintage »
« Le 21 juin, c'est le moment où tu peux te poser n'importe où sans être chassé. J'aime jouer devant les gens : tu croises des regards, tu sens des choses. Les enfants en bas-âge aiment entendre la musique, le chant, ça les scotche ! Les adolescentes passent en te lançant une pique humoristique. Les adultes reprennent les refrains. Cette année, je fais la Fête de la Musique dans des lieux différents. Dès midi, je chante 3 morceaux à Paris, rue Saint-Honoré, un morceau de guitare-harmonique : Blowin'in the wind de Bob Dylan ; de la guitare-chant : Pas de boogie woogie d'Eddy Mitchell, et du ukulule-chant sur Hey Jude des Beatles. J'ai choisi cet air des Beatles parce que je me suis rendu compte, l'année dernière en chantant Le Sud de Nino Ferrer, que les gens aiment reprendre le refrain. Ce finale-là, je vais donc le faire durer pour eux ! Le soir, je continuerai la Fête près de chez moi, dans les rues de Château-Thierry (Aisne). Avec un ami guitare-lead, nous jouerons en duo une trentaine de reprises pop et rock. Mais pour moi, la Fête de la Musique démarre une semaine avant la date officielle. Le samedi avant (ou après) le 21 juin, de nombreux groupes amateurs se réunissent pour jouer dans le jardin d'un ami musicien, à Thiercelieux (Seine-et-Marne). Quand le printemps revient, il m'arrive aussi de me faire ma petite Fête à moi, avec ma guitare. J'ai joué en bas du Sacré-Coeur, béret par terre, devant le Centre Pompidou, à Dieppe... Jouer dans le métro me tente aussi, mais la RATP accorde ses accréditations avec parcimonie. L'important, c'est l'envie de jouer pour les autres. C'est ça, pour moi, le sens de la Fête de la Musique ».
Chanteur, guitariste, harmoniciste, Patrick est membre fondateur du duo «Les Mockeurs», participant régulier de la Fête de la Musique
Cassandre C., 21 ans: « de la musique électro »
« Jusqu'à aujourd'hui, j'allais dans les concerts de rue, je me baladais et m'arrêtais devant les groupes sympas. Cette année, j'ai choisi d'aller avec une dizaine d'amis à une soirée dédiée à la musique électronique, « la Coco beach », organisée à Vincennes entre 15h et 2h du matin dans la salle « La Chesnay du Roy ». Dans cette soirée déguisée avec Grease pour thème, 4 DJ se succéderont. On dansera dans la salle et à l'extérieur. J'écoute ce style de musique depuis au moins cinq ans. Dans les soirées, je préfère la musique entrainante, très rythmée mais chez moi j'écoute plutôt des styles de musiques électroniques dits « Chill out » avec une voix venant fréquemment se poser sur cette musique en créant une atmosphère planante. La musique électronique existe depuis 1950 mais occupe une place de plus en plus importante depuis 30ans, mes parents en écoutaient avant moi, et ma génération a repris le flambeau. Il existe de nombreux styles de musique électronique. L’Allemagne a selon moi participé à son développement et à son rayonnement dans le monde, Berlin est même aujourd'hui reconnue comme capitale Européenne de la vie nocturne mais en France nous avons également des DJ réputés et de renommée internationale tels que Daft Punk, Laurent Garnier ou Air et nous accueillons de grands événements où les plus grands DJ mondiaux se produisent, comme pour l'ouverture de l'exposition « Dynamo » au Grand Palais avec le grand DJ berlinois Ben Clock. J'aime aussi le rock, le rap, le jazz, la soul, le funk. D'ailleurs, avant d'aller à Vincennes, j'ai l'intention d'écouter Camélia Jordana, la chanteuse de soul, dans les jardins du Palais-Royal ».
Cassandre est accro de musique électronique, fidèle de la Fête de la Musique depuis l'âge de 5 ans
Jean-Philippe M., 23 ans : « du chant lyrique »
« Le grand mérite de la Fête de la Musique, c'est que tous les genres sont représentés. Le public peut retrouver les musiques qu'il aime, mais aussi en découvrir d'autres. Je suis content que la voix soit représentée en tant que telle. Cela permet au lyrique et à l'art vocal d'être au premier plan. La voix est le premier de tous les instruments, celui qui nous touche le plus intimement. Comme beaucoup d'étudiants préparant les concours, je n'ai pas pu participer chaque année à la Fête de la Musique... à cause de la date ! C'est pourquoi je m'en donne à coeur joie cette année. J'irai d'abord écouter des extraits de choeurs d'opéra de Verdi, Puccini et Chabrier au square Auguste Blanqui (13e arrondissement de Paris), avec... une acoustique inédite. Après, j'enchaînerai avec le Requiem de Fauré dans l'église Saint-Antoine de Padoue (15e arrondissement), par la chorale Beaugrenelle et l'ensemble vocal Eurydice. C'est l'un des plus beaux requiems. L'oeuvre est touchante, prenante, pleine d'émotion, et en plus, elle est remise dans son contexte : une église. Enfin, j'irai écouter l'Ensemble vocal de Paris à la mairie du 7e arrondissement. J'ai déjà entendu cet ensemble à la salle Pleyel. Ce sont des professionnels de haut niveau, qui se produisent en général dans des grandes salles, peu accessibles aux jeunes et au grand public. C'est donc une belle occasion de les entendre, dans des Messes de Mozart et Haydn, mais aussi dans des Motets de Mendelssohn. Je vais toujours à la Fête de la Musique avec un groupe d'amis mélomanes. Je garde un souvenir inoubliable du concert de l'Orchestre de Paris jouant la valse d'Eugène Onéguine de Tchaïkovski sous la grande pyramide du Louvre. Beaucoup de gens étaient couchés par terre et écoutaient la musique en regardant les étoiles. Cette écoute vaut bien celle des habitués de l'Opéra Bastille ».
Jean-Philippe est étudiant en école supérieure de commerce, fan de musique classique et d'opéra, habitué de la Fête de la Musique.
Muriel M., 44 ans : « gospel, salsa, cumbia »
« J'écoute toutes sortes de musiques, en essayant toujours de comprendre ce qu'elles expriment. Ce qui me touche, c'est quand je me rends compte que les paroles et les instruments viennent de loin, qu'ils sont transportés par une histoire et des traditions. Cela peut être une chanson du groupe français Mickey 3D qui évoque Mai 68, Neil Young qui dénonce la guerre de Sécession ou le choeur des esclaves deNabuccode Verdi. Petite, j'ai été bercée par la voix et la trompette de Louis Armstrong. Alors, pour cette Fête de la musique qui célèbre la voix, j'ai décidé que j'irais sur les traces de mon enfance. J'irai écouter « Hope Gospel Singers & Co » (123 rue du Maine, Paris 14e) parce que j'aime voir un groupe chanter ensemble : on entend la fusion entre énergie personnelle et énergie collective. Les esclaves noirs étaient soudés par une même spiritualité, un même destin. Le chant représente quelque chose comme une revanche sur leur misère. Le gospel a gardé son message d’espoir. Ensuite, dans un genre plus exotique et bigarré, j'irai à Saint-Jean-Baptiste de Grenelle (Paris 15e) écouter « Classic'n swing chante l'Amérique latine ». J’aime ces airs qui parlent de la terre, de la nature, qui se perpétuent, et aussi découvrir des instruments inconnus pour nous, comme la gaïta – flûte mâle et flûte femelle –, les percussions rapportées par les esclaves noirs…Depuis 4 ans, je m’intéresse au travail du groupe Camedu : la chanteuse Camille est française, le trompettiste Eduardo, colombien. Ils font vivre les rythmes de cumbia et de salsa, ils commentent chaque chanson. Le point commun de toutes ces musiques ? Elles sont issues d’un métissage et disent que la musique ne connaît pas de frontières. Exactement le message de la Fête de la musique ! »
Muriel pratique un éclectisme éclairé en matière de musique et ne rate pas une Fête de la Musique