© Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013
Musée - Expos
Roy Lichtenstein, une insoutenable légèreté des choses ?
Dans la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou (jusqu'au 4 novembre), Roy Lichtenstein (1923-1997), l'un des maîtres du Pop Art, apparaît dans toute sa richesse mais aussi dans toute sa complexité. Roy Lichtenstein, c'est aussi un dialogue constant avec les grands maîtres de l'histoire de l'art, une ironie, un humour, une mise en abîme profonde et légère à la fois.
Des points qui font sens
Avec les fameux points de trames qui émaillent une large partie de son œuvre, Roy Lichtenstein reprend le processus en cours dans l'imprimerie, autant par souci d'économie, - reliés entre eux, les points apparaissent comme des couleurs-, que par choix artistique, voire philosophique. « Les points, écrit-il, agissent comme des ersatz, une transmission des données ». Ils servent aussi de révélateurs de sa propre identité artistique. Ainsi, quand il reproduit un tableau de Mondrian, il explique, impavide : « un Mondrian bordé de points est clairement un faux Mondrian ». Ces points sont sa marque de fabrique, autant lorsqu'il peint des figures connues, Mickey, Donald, le premier Président des États-Unis, George Washington, que lorsqu'il représente des objets banals, du quotidien, un pistolet, un hamburger, un transistor, un cahier de notes, une balle de golf...
Monet, Matisse, Picasso, Rembrandt et les autres
Roy Lichtenstein est un artiste féru d'art. On découvre tout au long de l'exposition l'étendue de sa culture, son goût pour l'histoire de l'art. Son œuvre est un constant dialogue avec les artistes. Ceux de la génération précédente, Jackson Pollock, Willem de Kooning – grâce à son procédé dubrushstroke(coup de pinceau), il met à distance l’expressionnisme abstrait pour le réinventer, lui insuffler une nouvelle vie – mais aussi les grands maîtres, Rembrandt, Delacroix, Picasso, Manet, Monet, Brancusi. Il reproduit, réintègre dans sa peinture, mais aussi ses sculptures, des morceaux de tel ou tel maître pour évoquer une véritable mise en abîme, un art qui se regarde et se transmet à travers les âges.
Mordante ironie
Avec ses reproductions des tableaux de Monet, de Picasso avec ses formes cubistes, des sculptures de Brancusi, ces grandes œuvres, nous suggère Lichtenstein, sont aussi du Pop art. Elles sont devenues populaires. L'art, tous les arts, l'ancien, le moderne, comme le contemporain est un objet comme un autre, en dépit, ou malgré le prestige qui l'auréole. Dans la série des explosions, avec des titres sonores,Takka, Takka, Whaam!,l'artiste en-dehors de tout message politique, fait entendre la guerre, son bruit assourdissant. Dans ses grands portraits de femmes, issus des cartoons de l'époque, les femmes en attente de leur mari, de leur amant, apparaissent inquiètes, vulnérables. Mais là, encore, c'est pour mieux les mettre à distance.
En images
Infos pratiques
Exposition du 3 juillet au 4 novembre 2013.
Exposition ouverte tous les jours de 11h à 21h,
sauf le mardi