Vue du Musée national Picasso-Paris, juin 2014 © Musée national Picasso-Paris/Béatrice Hatala

© Musée national Picasso-Paris/Béatrice Hatala

Musée - Expos

Réouverture du musée Picasso

Le 25 octobre, le musée Picasso à Paris rouvre ses portes au public, après d’importants travaux de rénovation. L’entrée est gratuite pendant tout le week-end.

Un bâtiment restauré et agrandi. Dans le cadre du chantier qui vient de s'achever, et pour lequel la fermeture du site était inévitable, d'importants changements ont été apportés. La surface dévolue à la présentation d'expositions et aux activités annexes dédiées au public est presque triplée, passant de 2300 m2 (dont 1600 en espaces d'exposition) à la totalité du bâtiment (environ 5500 m2). Dans l'hôtel Salé, la totalité des espaces est rendue à la visite. Des espaces d'accueil sont installés dans les Communs et un café, « le café sur le toit » est ouvert au premier étage du pavillon des écuries, sur la terrasse historique, offrant une vue magnifique, sur la Cour et l'hôtel. L'architecte Jean-Francois Bodin, qui a assuré la maîtrise d'oeuvre, tout en veillant à la restauration et à la mise aux normes des aménagements de Roland Simounet, datant des années 80, a signé une œuvre sobre, limpide et élégante qui assure un circuit fluidifié et superbement mis en valeur. Les combles de l'hôtel ont également été aménagées, espaces de poutres apparentes, intimistes, adéquats aux « dialogues » créés entre les œuvres et les artistes. La partie classée de l'Hôtel Salé a aussi bénéficié d'un important chantier de restauration, notamment de l'ensemble des décors et sculptures du grand escalier d'honneur, sous la maîtrise d'oeuvre de Stéphane Thouin, architecte des monuments historiques .

Des collections exceptionnelles. Avec près de 5000 œuvres, le musée Picasso conserve la plus importante collection publique au monde de l'oeuvre de l’artiste. Elle a été créée par deux dations, consenties à l'Etat par les héritiers de Pablo Picasso en 1979 puis par ceux de Jacqueline Picasso en 1990. Récemment, en juillet 2014, un don de Maya Widmaier-Picasso est venu enrichir les collections. Il s'agit de deux remarquables ensembles graphiques : un recto-verso de dessins de 1908 et un carnet de croquis de 40 feuilles de 1960.
Outre ces dons et dations, le musée possède la collection particulière et les archives personnelles du peintre, ainsi que des acquisitions faites par le musée. Dans les combles de l'hôtel Sallé sont ainsi exposées les collections personnelles et inspirations du peintre. Cette partie intitulée « Les dialogues » présente maîtres anciens, modernes ou contemporains réunis dans la collection particulière du peintre. Celle-ci comporte des toiles majeures du Douanier Rousseau, de Matisse, Braque, Derain, Van Dongen, Renoir, Modigliani, Ernst, Miro. S'y ajoutent les découvertes de la « chasse » aux arts africain, océanien.
Le sous-sol est consacré à une confrontation entre peinture, sculpture, photographie, céramique, arts graphiques et cinq salles sont dédiées aux ateliers : celui du Bateau-Lavoir, l'atelier de Boisgeloup, celui des Grands-Augustins, les ateliers de La Californie et de Vauvenargues et l'atelier de gravure de Mougins.

Une présentation novatrice et fluide. Anne Baldassari, pour son accrochage, a choisi de présenter les œuvres dans des boîtes de présentation, encadrements vitrés en relief, qui donnent une véritable unité et une harmonie au circuit des oeuvres et aident le regard à se consacrer en toute liberté à la peinture.
Trois circuits de visites des collections permanentes, indépendants et complémentaires les uns des autres enrichissent la vision de l'oeuvre.
Le parcours magistral Picasso est rythmé par dix séquences, présentées selon un parcours à la fois chronologique et thématique :
- « Genèse (1895-1900) » ;
- « Monochromie (1901-1906) », où l'on voit La Célestine (1904), femme-allégorie de la peinture, qui voit de l'intérieur fermant la période bleue ;
- « Primitivisme (1906-1909) », où sont exposés notamment le dessin préparatoire aux Demoiselles d'Avignon et la sculpture Tête de femme, Fernande (1909) ou encore les sculptures de guitares ;
- « Cubisme (1910-1915) », avec Homme à la guitare (1911) et Homme à la mandoline (1913) mais aussi Guitare, j'aime Eva (1912) ;
- « Polymorphisme (1915-1924) », où il croise sources photographiques et références à la grande peinture dans une série de tableaux, tels que Le portrait d'Olga dans un fauteuil (1918) ou Paul en arlequin (1924) ;
- « Métamorphoses (1924-1936) », où est exposé le superbe Grand nu au fauteuil rouge (1929);
- « Peintures de guerre (1936-1946) », où l'on voit que Picasso a peint la mort elle-même sous les traits brutalement géométriques de Marie-Thérèse et Dora Maar, Massacre en Corée (1951) vient y conclure ce cycle de peintures de guerre;
- « Années pop (1946-1960) », où l'on voit la peinture Jacqueline aux mains croisées (1954) et des sculptures telles que La chèvre (1950);
- « D'après les maîtres (1960-1973) », où le peintre a repris une relecture épique de l'histoire de la peinture à travers une série de variations consacrées aux Ménines de Velasquez ou au Déjeuner sur l'herbe de Manet.
Ces dix séquences donnent une vision harmonieuse et fluide de l'oeuvre de Pablo Picasso. Les couleurs en sont également un fil conducteur.
En termes de politique des publics, l'approche est également renouvelée. Différents temps forts rythmeront la programmation : l'Imaginarium (programmation famille), le Déjeuner avec Picasso (programmation à vocation expérimentale et pluridisciplinaire de 45mn proposée un jeudi par mois à 13h), Cinémarts (projections commentées) ou encore des moments à vocation plus scientifique (Collections en coulisses, Dialogues, ...)

Infos pratiques

Réouverture le 25 octobre du Musée Picasso
5, rue de Thorigny - 75003 Paris
Ouvert tous les jours, de 11h30 à 18h, du mardi au vendredi ; de 9h30 à 18h, les samedis et dimanches
Nocturne le 3ème vendredi de chaque mois, jusqu'à 21h

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