Parcours 2013 d'art contemporain en vallée du Lot

© Ushin U Chang, Hymen, 2013, Calvignac. Installation, laine brute et grillage. Photo A. Astruc © 2013

Musée - Expos

Parcours 2013 d'art contemporain en vallée du Lot

Comme chaque été depuis 2004, le Parcours d'art contemporain en vallée du Lot invite des artistes à présenter leurs oeuvres dans les sites naturels et les villages de cette portion de la vallée, entre Cajarc et Saint-Cirq-Lapopie, cette année du 7 juillet au 1er septembre.

Pas de thème collectif imposé. Le regard des artistes sur le contexte environnemental et culturel, leurs relations aux paysages et aux habitants, et au final les oeuvres présentées construisent un dialogue nourri entre patrimoine et art contemporain. Plusieurs nouveaux lieux sont investis cette année, hors des sentiers convenus. La surprise et l'invention sont les attributs de l'aventure collective d'un programme où l'improvisation génère de la pensée et de l'imaginaire, où l'énergie et la générosité des artistes cimentent le tout avec une certaine grâce. Il est question de mettre en résonance l’intérêt individuel des artistes et leurs champs d’investigation respectifs, avec la préoccupation d’un territoire à révéler. Au-delà de ses écueils de site touristique ou de l’immédiate appréhension de sa qualité esthétique et patrimoniale, il s’agit d’éclairer de biais ce contexte, de faire valoir une vision autre, instable et ouverte, un chantier prospectif, une histoire qui chemine…

Les artistes de l'édition 2013

Fredy Alzate (Medellin, Colombie) s'intéresse aux rapports entre nature et urbanisation. Les ponts de l'ancienne voie de chemin de fer qui jalonnent la vallée, jetant d'une rive à l'autre leurs monumentales structures en acier, ont retenu son attention. Il propose une installation qui évoque à la fois leur fonction passée de passerelle et fonctionne comme un signal dans le paysage.

Chad Keveny (Dublin, Irlande / Toulouse) pratique la peinture comme de rencontre avec les gens. A Saint-Cirq-Lapopie, dans le "village préféré des Français", il a convié les habitants à poser dans son atelier, tout en échangeant avec eux sur la question du patrimoine. L'artiste situe sa pratique au croisement des histoires : celle plus officielle d'un territoire et celles plus subjectives des individualités.

Damien Marchal (Rennes, France) travaille sur différentes problématiques liées au son et aux influences qu'il peut avoir. Il réalise deux oeuvres pendant cette résidence : dans une grotte, une peinture pariétale représentant le point de rupture acoustique de la pierre, et, au centre d’art, une installation architecturale qui représente la propagation aérienne de l’onde de choc des grenades incapacitantes utilisées dans des situations de conflit. Le rapport à l’abri et au refuge sera donc l’axe pris pour ces deux productions qui serviront de référence graphique durant sa seule prestation sonore qui consistera en un concert de traceurs pendant le vernissage.

Natacha Mercier (Lombez, France) s’intéresse aux Vanités. Son travail de peintre rassemblé sous le titre « Visibilité réduite » oblige à y regarder de près. A contrario de bien des a priori sur la parure ostentatoire du tuning, elle instille une interrogation sur comment regarder la peinture. Dans le même sens, et pour appuyer le rapprochement entre préciosité et acte rebelle, elle customise un véhicule installé en pleine nature.

Daniel Perrier (Nantes-Paris, France) est passionné de cinéma et d’anthropologie . Il fait rejouer de mémoire une scène du film Les 7 Samouraïs de Kurosawa dans le village de Saint-Cirq-Lapopie, à des adolescents de la région. Au-delà de la reprise d’un récit quasi mythique, c’est l’occasion de relever des questions sur l’altérité et la peur, à même de stimuler la réflexion de chacun sur ces sujets toujours quotidiens.

Yuhsin U Chang (Taïwan / Paris) construit une sorte de grand vortex, avec des morceaux d’écorces collectées. Les forces en tension dans cette sculpture traduisent le principe d’une métamorphose. Elle investit aussi l’espace structuré d’une peupleraie pour une installation inédite avec de la laine brute issue de la dernière tonte des moutons de la vallée. À chaque fois, l’artiste cherche à faire valoir le principe d’une transformation cyclique et inéluctable des matériaux et des formes, de l’inerte au vivant et inversement. Ce principe trouve ici matière à s’expérimenter à l’échelle du paysage.

Commissaire des expositions : Martine Michard

Infos pratiques

Exposition du 7 juillet au 1er septembre 2013. Parcours d’art contemporain en vallée du Lot, de Cajarc à Saint-Cirq-Lapopie. Toutes expositions en entrée libre, ouvertes tous les jours sauf le lundi de 11h à 19h.

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