Vue de nuit du Palais de Tokyo, site de création contemporaine

© Photo : Palais de Tokyo/Marc Domage.

Musée - Expos

Le nouveau Palais de Tokyo entrouvre ses portes

Loin d'un gigantesque lieu froid et labyrinthique, à Paris, le Palais de Tokyo, rénové après 10 mois de travaux, rouvre ses portes au public gratuitement pour 30 heures non-stop de performances, installations et concerts, du 12 avril 20h au 13 avril minuit. Un programme sonore, vivant, chaleureux, mystérieux. Visite en avant-première.

 

Des installations intrigantes.
Une fois les grandes portes vert bronze franchies, dès le hall, les installations colorées des artistes ponctuent le bâtiment, encore marqué par endroits de béton mis à nu et de poutres apparentes.
A droite, les vitraux de Christian Marclay, Lion d'Or du meilleur artiste à la Biennale de Venise 2011, accueillent le visiteur avec des onomatopées « Chomp! », « Krazakk ! » sur un fond coloré à la manière du pop art.
Plus loin sur un grand mur blanc, une phrase gigantesque en noir déclare « Fear eats the soul » (la peur dévore l'âme), tandis qu'au dessus de l'escalier qui descend vers les anciennes friches du sous sol, se suspend au-dessus de nos têtes, un peu effrayante et en même temps fascinante, l'installation de Peter Buggenhout. Une monumentale sculpture en lévitation créée à partir de carcasses d'avion et de tapis poussiéreux, des déchets érigés en objet de méditation.
Depuis les sous-sols montent des voix et une musique qui intriguent. Les travaux ont rouvert les entrailles du Palais de Tokyo, anciennes friches auparavant fermées au public. Un lieu gigantesque, plus sombre, pleins de recoins, qui invite à l'exploration.

 

L'art comme une aventure.
Les couleurs vives, mauve, orange, rose ou jaune, des oeuvres éclairent le premier niveau du sous-sol. L'installation de Ulla Brandenburg ressemble à une double rampe de skate-board, habillé de losanges multicolores. On croise ensuite une scène décorée de ballons mauves et squelettes en plastiques peints. Elle accueille une danse macabre nommée « Dolce vita » à la mélodie fascinante, performance imaginée par Gloria Friedmann.
Plus obscure est la descente au niveau zéro, au parcours sinueux qui abrite les « Modules », présentation d'oeuvres d'artistes émergents. Sarah Fauguet met la dernière main à son oeuvre : deux pièces intitulées « Vestiges » et « Vigie ». « L'idée ,explique l'artiste, est de montrer l'enfouissement de ce lieu, avec l'image d'un objet qui se dépose en son fond, et un point inaccessible qui lui répond et se cache tel un caméléon dans la structure métallique du sous sol. »
Le bruit dur à l'oreille d'une oeuvre vidéo au fond, les briques apparentes du lieu, une salle obscure qui abrite « la grotte stellaire », constellée de fils bleus lumineux, de Julien Salaud tout indique que l'aventure ne s'arrête pas là.
Au 3e étage, la mezzanine, inondée de lumière, abrite l'installation de Jean-Michel Alberola « La salle des instructions » qui égrène des phrases telles que « la question du pouvoir est la seule réponse », ou « la sortie est à l'intérieur », propices à la réflexion.
Comme le dit le directeur du lieu Jean de Loisy : « l’aventure la plus pure c’est l’artiste qui nous la procure. Le Palais de Tokyo, vaste territoire dont les principaux habitants sont les artistes, conduit les visiteurs au plus près de l’art en train de s’inventer. »

 

Un lieu investi par les artistes.
Le Palais de Tokyo est passé de 7 000 à 22 000 m2 pour devenir le plus grand centre d'art contemporain d'Europe. Les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, qui avaient conçu la première réhabilitation de l’édifice à la fin des années 1990, ont restauré l’ancienne diffusion lumineuse, réinventé la verticalité du lieu et rendu le plus souple possible l’usage.
« Les artistes ont investi les lieux dans leurs moindres recoins » déclare Anne Lacaton.« Ils pourront ouvrir et fermer ses endroits comme il le souhaitent ». La diversité des salles a été préservée pour laisser une grande liberté aux artistes. « Nous avons voulu un lieu où l'on se sent bien » précise Jean-Philippe Vassal.
Pour Jean de Loisy, les architectes ont restitué la « poésie naturelle de l'endroit ». Le Palais de Tokyo est pour lui « un grand loft industriel où l'on pourra montrer d'autres façons d'inventer l'art ».

 

L'entrouverture
Pendant 30 heures, du 12 avril 20h au 13 avril minuit, des concerts, performances, conférences, ... résonnent dans le Palais de Tokyo. L'occasion de découvrir gratuitement les oeuvres des artistes confirmés ou émergents. Et de déambuler dans ce lieu insolite et poétique, au coeur de la création artistique.
Imaginez le Palais de Tokyo transformé en grand instrument de musique avec le son des cornes de brume conçu par Fouad Bouchoucha pour lancer les festivités, la « Dolce vita » sonore et chorégraphique de Gloria Friedmann au sous-sol, la pièce de théâtre de Gwenaël Morin à la mezzanine.... Le son qui monte et relie les installations du sous-sol au 3e étage... Vous êtes dans le nouveau Palais de Tokyo !

 

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La programmation en quelques dates

 

- Entrouverture du 12 avril 20h au 13 avril minuit
30 heures non stop de performances, concerts, installations
Installations pendant un an de Jean-Michel Alberola, Peter Buggenhout, Ulla von Brandenburg, Laurent Derobert, Vincent Ganivet, Christian Marclay et Julien Salaud
Des Modules présentant des artistes émergents : Cécile Beau, Sarah Fauguet & David Cousinard, Zdenek Kosek, Benoît Pype et Maxime Rossi.

 

- La Triennale d'art contemporain Thème : « Intense proximité » du 20 avril au 26 août 2012
Commissaire général : Okwui Enwezor
Au Palais de Tokyo et dans 7 lieux associés

 

- En septembre : démarrage de la saison « Dérives de l'imaginaire », titre de la première exposition thématique conçue par Julien Fronsacq, curator au Palais de Tokyo.
En même temps, un nouveau cycle de Modules et 3 expositions monographiques, dont une consacrée à l'artiste français, Fabrice Hyber, Lion d’or de la Biennale de Venise en 1997.

 

A savoir
La programmation sera toujours dédiée à la création émergente avec de jeunes artistes, mais accueillera aussi des artistes confirmés. Elle se déclinera en 3 saisons par an. Au coeur de chaque saison, une exposition thématique, des expositions monographiques d'artistes peu connus et confirmés. A cela, s'ajoutent une invitation à une institution régionale (FRAC, écoles d'arts...), des interventions sur le bâtiment (pendant 1 an), des modules consacrés à des artistes émergents, des alertes (réactions d'artistes à l'instant présent), des résidences d'artistes au Pavillon et une programmation culturelle (conférences, festivals de cinéma, …).

 

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