Musée Guimet 1905

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Musée - Expos

Le Musée Guimet célèbre ses 120 ans

Il y a 120 ans, en 1889, alors que la construction de la Tour Eiffel s’achève pour l’exposition universelle qui a lieu à Paris, sort de terre le Musée Guimet, place d’Iéna, fruit de la passion pour les religions de l’industriel Emile Guimet. L’établissement deviendra l’un des premiers musées d’art de l’Asie dans le monde.

Sur les traces du passé. La scène se déroule au premier étage du Musée Guimet. Nous sommes précisément dans l’ancienne bibliothèque et Béatrice Le Roux Gaillard, conférencière des Musées Nationaux, attachée au musée, nous emmène sur les traces du passé du Musée Guimet...
Elle raconte : « Ce qui subsiste du bâtiment d’origine, c’est l’extérieur (façades et toitures) et l’ancienne bibliothèque, inscrits au titre des monuments historiques depuis 1979. Extérieurement le Musée Guimet n’a pas changé, par contre l’intérieur, les salles, ont été complètement réaménagés, hormis cette bibliothèque. »
Un peu d'histoire...  Béatrice Le Roux Gaillard poursuit : « Construite dès la création du musée en 1889 dans le style néo-pompéien, la bibliothèque est aménagée autour d’une rotonde pourvue de cariatides. Autrefois, y trônait un Bouddha qui vient du Japon et date du XVIe siècle. Alexandra David-Néel, première exploratrice qui a pu entrer au Tibet, disait que sa vocation était née ici sous le regard du Bouddha.
La statue de Bouddha est maintenant exposée dans le Panthéon bouddhique, annexe du Musée ouverte en 1991, où sont exposés les œuvres rapportées du Japon par Emile Guimet.
Et la bibliothèque est utilisée aujourd’hui comme lieu d’exposition pour présenter en rotation de la peinture à cet étage et des œuvres graphiques en mezzanine. Une nouvelle bibliothèque a été aménagée au rez-de chaussée depuis 2001 pour accueillir les lecteurs. »

Emile Guimet. Autre témoignage du passé exposé dans l’ancienne bibliothèque, une peinture de Ferdinand Jean Luigini réalisée en 1898 et représentant Emile Guimet (1836-1918), le créateur du Musée.
« Emile Guimet avait pour projet de rassembler des objets de différentes religions et de les comparer dans un esprit d’ouverture. », commente Béatrice Le Roux Gaillard. « Il voulait créer selon sa propre expression un « musée des idées ». C’était quelqu’un qui avait un sens très didactique de ses croyances et de ce qu’il avait assimilé dans le Bouddhisme, religion qui a été pour lui une grande révélation. En 1876, il voyage au Japon et rassemble en très peu de temps des œuvres issues de différentes écoles japonaises bouddhistes. On dit que son charisme et sa connaissance ont facilité les achats des pièces qu’il a pu faire. Il a formé ici même le premier noyau de bibliothèque et c’est ici même que des conférences et des spectacles sur les différentes religions étaient organisés.»

Un musée consacré à l’Asie. A partir des années 1920, quelques années après la mort d’Emile Guimet, le musée se tourne vers les arts asiatiques. Ses collections sont enrichies avec les pièces rapportées par les expéditions françaises au Tibet, en Asie centrale, en Chine et au Cambodge et par le transfert du musée indochinois du Trocadéro, ainsi que des dépôts de la Délégation Archéologique Française en Afghanistan. Le musée subit de grands travaux dont la couverture de la cour centrale pour y présenter les collections khmères.
Une redistribution des collections nationales en 1945, le confirme dans sa vocation asiatique : alors que ses pièces classiques et égyptiennes rejoignent le Louvre, le Musée Guimet reçoit en échange les collections du département d’œuvres chinoises et japonaises.
Il devient ainsi l’un des tout premiers musées d’arts de l’Asie dans le monde.
« Aujourd’hui, les deux fonds les plus importants, » relate Béatrice Le Roux Gaillard, « non pas en nombre mais comme ensemble particulièrement complet d’une civilisation, sont ceux de l’art khmer et d’Afghanistan, réunis pour le premier fond grâce à la constitution de l’Ecole française d’Extrême Orient et à la participation de la France à la restauration du Temple d’Angkor, et pour le second fond, grâce à des fouilles réalisées dans les années 1920 par la DAFA (Délégation Archéologique Française d’Afghanistan), en Afghanistan et au Pakistan. De nombreux mécènes et collectionneurs privés ont également contribué à l’enrichissement des collections. »

Une grande restructuration. En 1997 et jusqu’en 2001, le Musée Guimet connaît une grande restructuration et des travaux menés par les architectes Bruno et Henri Gaudin.
« Le musée avait déjà subi des travaux de réaménagement », raconte la conférencière Béatrice Le Roux-Gaillard, « mais ils avaient abouti à un cloisonnement des œuvres. On allait de département en département sans qu’il y ait de logique dans le parcours pour les visiteurs et on était très enfermé. Le travail des architectes a été de rendre une plus grande lisibilité aux pièces et une meilleure introduction aussi de la lumière de l’extérieur, ainsi qu’un parcours plus logique. Par exemple au rez-de-chaussée ont été rassemblés les pièces de l’art khmer et celles de l’Inde, auparavant séparées. Autre exemple, à l’époque d’Emile Guimet, il y avait une accumulation dans les vitrines de porcelaines ou de statuettes. Au contraire, avec cette restructuration, on sélectionne les œuvres exposées. Ainsi, le conservateur spécialisé dans les arts de la Chine a préféré montrer moins d’oeuvres, pour mieux les mettre en valeur.
Ce qui manquait aussi considérablement faute de place, ce sont des galeries que l’on trouve au deuxième étage pour présenter les œuvres graphiques d’Extrême-Orient (peinture japonaise et chinoise), et dont les pièces exposées sont changées régulièrement.
Tout a été réaménagé à l’intérieur, cela ne ressemble plus du tout à ce que c’était avant. »
Les pièces des collections permanentes du musée se déploient ainsi depuis 2001 dans un parcours chronologique et géographique sur les 4 étages. Au rez-de-chaussée, l’Inde et l’Asie du Sud Est. Au premier étage, la Chine et la route de la soie. Au second, la Chine, le Japon et la Corée. Au troisième, on retrouve la Chine ainsi que dans la rotonde au quatrième, avec la présentation des grands paravents chinois.

Ouverture aux artistes contemporains. Aujourd’hui, Jacques Giès président du musée depuis 2008 souhaite ouvrir les collections à l’art et aux artistes contemporains.
Ainsi à 120 ans, le musée s’anime au gré des expositions et animations mettant également en valeur la création contemporaine, avec des expositions ou installations telle que De neige d’or et d’azur. Chu Teh-Chun et la manufacture de Sèvres ou Le dépôt des dieux de l’artiste taîwanais Hung-Chih Pen,  deux expositions présentées en 2009, et la Carte blanche donnée à l’artiste contemporain chinois Ai Weiwei, prévue en 2010.

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Chronologie du Musée Guimet

  • 1879     Inauguration du Musée Guimet de Lyon.
  • 1885     Décision du don à l’Etat des collections du musée de Lyon et du transfert de celui-ci à Paris.
  • 1889     Le 20 Novembre, inauguration du Musée Guimet, place d’Iéna, en présence du Président de la République Sadi Carnot.
  • 1928     Le musée Guimet devient musée national.
  • 1935     Destruction du musée indochinois du Trocadéro et transfert au musée Guimet de sculptures originales et de moulages.
  • 1936     Construction de la salle d’auditorium en sous-sol et couverture de la cour intérieure.
  • 1945     Georges Salles, directeur des musées de France, organise une redistribution des collections nationales. Les pièces classiques et égyptiennes de Guimet sont transférées au Louvre qui envoie les collections de son département d’Extrême-Orient en échange
  • 1979     Inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques des façades, des toitures et de la bibliothèque.
  • 1991    Ouverture du Panthéon Bouddhique
  • 1997     Démarrage des chantiers de réaménagement du musée, menés par les architectes Bruno et Henri Gaudin
  • 2001     Inauguration du musée rénové et ouverture au public
  • 2004      Le musée Guimet devient établissement public à caractère administratif
     

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