Hiraki Sawa, Souvenir

© Hiraki Sawan Going Places Sitting Down, 2004, installation vidéo, son, couleur, 8'40"

Musée - Expos

Hiraki Sawa, Souvenir

Du 13 juillet au 29 septembre, le FRAC Bourgogne propose, en partenariat avec la ville de Dijon et avec l’aide de la Farpath Foundation, une exposition de l’artiste vidéaste Hiraki Sawa, Souvenir, dans l'église Saint-Philibert.

La révélation de la persistance du temps de l'enfance. Au début des années 2000, les vidéos d’Hiraki Sawa sont filmées à l’intérieur de son appartement londonien, qui devient pour l’occasion le lieu de lentes chorégraphies mettant en scène dans cet espace familier les déplacements apparemment incongrus d’avions, d’objets, d’hommes et d’animaux. L’artiste joue des différences d’échelle et de la surprise née de ces étranges rencontres pour donner à ses œuvres une dimension onirique. Ce mélange des échelles de représentation permet de donner à voir le passage entre le monde adulte et le monde de l’enfance, entre réalité et imaginaire. Dans ses vidéos de quelques minutes, présentant d’étranges transhumances dans des paysages en mouvement, sont convoquées les notions de temps, de durée et de déplacements. Au fil de ses œuvres et de ses expositions, la durée, les structures temporelles, mais aussi la mémoire, sont interrogées de façon récurrente. La question des cycles et du temps conçu comme un éternel recommencement apparaît également. Hiraki Sawa a le souci et le goût de l’expression de l’écoulement du temps pensé comme un cercle se rejouant à l’infini. Il se dit fasciné par la capacité que lui offre la vidéo de contrôler le temps, tout autant le temps des machines que le temps perçu. Il aime les avions, les cercles, les manèges, les chevaux à bascule et toutes ces formes et objets nous emmenant d’un point à un autre de façon répétée. Tout finit là où tout commence. L’artiste n’est pas à la recherche d’une époque perdue, ni dans l’expression d’une forme de nostalgie. Ce sont des souvenirs de l’enfance de l’artiste qui sont évoqués dans les différentes œuvres présentées. Ainsi, il crée un procédé narratif matérialisant la durée.

Mais aussi les mécanismes de la mémoire et de l'amnésie. En bientôt dix années de carrière internationale, Sawa a su gagner de nouveaux espaces d’expression et se libérer du cadre spatial et mental qu’il avait établi dans ses premières vidéos. Ses œuvres ont quitté peu à peu un environnement domestique pour se déployer en extérieur, de la même façon qu’elles ont quitté les deux dimensions de la projection pour conquérir les trois dimensions de l’installation et de l’exposition, complexifiant ainsi la temporalité de ses œuvres. Aujourd’hui, avec Souvenir, alors que ses dernières œuvres se nourrissent de sa réflexion sur l’amnésie, l’artiste déploie ses vidéos dans l’église Saint-Philibert et apprivoise ainsi un site fortement chargé architecturalement et historiquement. Pour Hiraki Sawa, chaque partie de son œuvre est un tout et chacune de ses œuvres est comme un monde dans son intégralité. En prise directe avec son imaginaire, l’artiste, par sa maîtrise de la photogénie et de l’animation, a su faire de la vidéo un médium propice à l’introspection et à l’expression des songes. Il est invité à participer à la prochaine Biennale internationale d’art contemporain de Lyon.

Infos pratiques

Exposition du 13 juillet au 29 septembre 2013. Église Saint-Philibert, rue Michelet - 21000 Dijon. Entrée libre du mardi au dimanche de 10h à 13h et de 14h à 19h.

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