Expositions de printemps au CRAC de Sète

© Olga Kisseleva, AnthropOcean, 2015, oeuvre pour téléphone mobile réalisée lors d'une résidence à la Fondation Surfrider. Courtesy galerie Rabouan-Moussion, Paris, France.

Musée - Expos

Expositions de printemps au CRAC de Sète

Le centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées présente à Sète du 11 mars au 29 mai trois expositions monographiques consacrées à des artistes aux parcours et intérêts très différents : Philippe Durand, Emma Dusong,Olga Kisseleva et Philippe Ramette, ce dernier ayant montré ses œuvres au centre d’art dès 1997.

Philippe Durand, Vallée des Merveilles 2. Depuis le début des années 90, l’artiste dresse les portraits de villes dans le monde et de leurs abords. En 2014, il décide d’explorer la vallée des Merveilles située dans le Parc National du Mercantour, en France. Fasciné par cet espace naturel, il y découvre un patrimoine archéologique exceptionnel, qui selon lui constitue "un autre espace public, évidemment non urbain mais balisé, marqué, transmis d’une personne à l’autre." Considérant ce site comme un proto-musée en plein air, l’artiste en fait le lieu d’un développement de son travail, dans une nouvelle dimension spatiale et temporelle. Le projet d’exposition tente de recomposer une topographie de la vallée des Merveilles et de son chaos rocheux. Le parcours s’organise autour d’une installation au sol de sculptures gonflables en forme de rochers. Leur caractère ludique et populaire, rappelant les décors des parcs d’attraction, contraste avec celui de vidéoprojections qui invitent à une lecture plus méditative du site archéologique. Celles-ci offrent en alternance des vues des paysages de la vallée et des plans rapprochés de gravures rupestres et de graffitis apparus au fil des siècles. Une grande photographie de paysage, qui contient à elle seule le projet d’exposition, permet le passage de la 2ème à la 3ème dimension, un va-et-vient entre photographies et structures gonflables. Loin des fac-similés comme la réplique de la grotte de Lascaux, il s’agit plutôt d’un essai de reconstitution dans l’espace d’exposition, offrant des temps de perception et de rêverie différents. L’exposition est coproduite avec le Fonds régional d’art contemporain Bretagne où elle a été présentée de décembre 2015 à février 2016.

Emma Dusong, Suivre sa voix. Cette exposition, sous forme d'installations, de dispositifs, de photographies, de gravures, de vidéos et de performances, présente le travail d'Emma Dusong qui propose une traversée des différentes étapes de la vie. Tour à tour mobiles ou immobiles, vocales ou sonores, les œuvres prennent vie et invitent le visiteur dans un monde métaphorique et onirique. Suivre sa voix, celle de la personne aimée et disparue, l'entendre encore en soi, la décrire pour mieux s'en souvenir, quitter la mélodie, et suivre sa voix, la nôtre, celle que l'on sent pointer en soi pour vivre le plus amplement possible, apprendre et partager.Suivre sa voix est une exposition en deux mouvements, celui du deuil et de la mélancolie, et celui du jeu, du lien au vivant et au savoir. D'un côté des œuvres sur l'empêchement ponctuent une salle tout en longueur. Il semble impossible de chanter, de se mouvoir ou de dire au revoir. Seules les larmes coulent et la voix tente de résister à la disparition. De l'autre, on reste dans la vulnérabilité mais cette fois, on négocie avec le système avec l'œuvre Classe. Emma Dussong a écrit et composé toutes les paroles, les textes et chansons des performances Classe, Ta voix et Sans toi.

Olga Kisseleva, Sea View. Olga Kisseleva est fondatrice du laboratoire Art&Science, qui joue un rôle pionnier dans le domaine de la création contemporaine de recherche et de réflexion sur les formes de création émergente. Le projet Sea View est un projet scientifique basé sur la collaboration menée par l’artiste-exploratrice avec des chercheurs au sein du CNRS et d’ONG environnementales. À travers ses installations ultratechnologiques, l’artiste explore les fonds marins selon trois méthodes résolument contemporaines : la data-visualisation, l’étude de la consommation, de ses conséquences et la préfiguration du futur. L’exposition se décompose en plusieurs dispositifs : Anthropocean, projeté sur un mur, donne accès à une base de données consacrées à la question du changement climatique, aux liens entre océan, climat et société. Il prend la forme d’un dispositif de visualisation graphique composé d’objets numériques qu’il connecte et cartographie. L’œuvre évolue de façon permanente et devient ainsi symbole de la dynamique du paysage et du débat, permettant ainsi d’inscrire une réflexion commune. Mesure est une œuvre évolutive basée sur la composition de l’eau analysée sur des lieux côtiers autour de la Méditerranée, installation interactive lumineuse où les données brutes de différents types de biosenseurs sont transformées en forme émotionnellement perceptible par le spectateur. Arctic Conquistadors utilise un programme interactif mis à jour en temps réel. L’œuvre se penche sur les partages de ce territoire entre les grandes puissances géopolitiques et les entreprises en vertu de leur intérêt commun : la "conquête globale". La question que pose ce travail est : "à qui appartient l’Arctique aujourd’hui ?". Enfin, Set et Self-Organisation présentent des projets sur la récupération des déchets et l’évocation du monde post-pétrole.

Philippe Ramette, … Promenades irrationnelles… Entrer dans une exposition de Philippe Ramette, c’est entrer dans un univers qui questionne la réalité dans ce qu’elle admet de plus tangible et de plus physique en construisant de manière rationnelle des images irrationnelles. L’artiste invente des objets qu’il appelle "prothèses", lui permettant de flotter dans les airs, grimper aux arbres, marcher sous l’eau… Il se met lui-même en scène dans son costume noir, pour composer l’image d’un paysage dont il fait partie de façon extravagante, visuellement étonnante et renversante (au sens littéral). La perception de cette force de gravité, qui n’obéit plus aux normes terrestres, ressentie dans ses mises en scène, désarçonne le spectateur et l’oblige à inventer une nouvelle façon de regarder le monde, un nouvel état contemplatif. Ces photographies ne subissent aucune retouche ou montage, car l’artiste cherche avant tout à garder le contact avec son travail de sculpteur. Le projet spécifique au CRAC de Sète associe un ensemble d’images prises spécialement pour l’exposition dans le port de Sète, à un choix d’œuvres existantes de la série … Promenades irrationnelles… Ces photographies s’ouvrent toutes sur l’univers maritime, comme une exploration du paysage marin et sous-marin d’un point de vue très singulier qui plonge le visiteur dans un délicieux trouble de la perception.

Commissaire des expositions : Noëlle Tissier

Infos pratiques

Expositions du 11 mars au 29 mai 2016. Centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées, 26 quai Aspirant Herber – 34200 Sète. Tél. : 04 67 74 94 37. Ouverture tous les jours sauf le mardi de 12h30 à 19h, samedi et dimanche de 14h à 19h. Entrée libre et gratuite.

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