Daito Manabe + Motoi Ishibashi, Paysages fertiles

© Daito Manabe + Motoi Ishibashi, "rate", 2014. Photo: Daito Manabe

Musée - Expos

Daito Manabe + Motoi Ishibashi, Paysages fertiles

La nouvelle série d’expositions Transphère organisée par la Maison de la Culture du Japon à Paris présente des créateurs originaires du Japon, animés d’un esprit expérimental et d’une audace inventive. Premier volet de cette traversée des pratiques artistiques d’aujourd’hui, Paysages fertiles présente du 16 mars au 7 mai le duo Daito Manabe et Motoi Ishibashi.

Paysages fertiles – Transphère #1. Depuis le début des années 2000, Manabe et Ishibashi innovent artistiquement en se saisissant des évolutions technologiques : RFID (radio-identification), LED, mapping vidéo, capteurs myoélectriques… Pour Paysages fertiles – Transphère #1, ils présentent une création et une dizaine de projets plus anciens. rate-shadow, leur nouvelle œuvre, à découvrir en deux temps, donne à voir l’invisible. La subtilité de cette création réside dans une technologie de lumières LED qu’ils ont spécialement conçue pour cette occasion. Éclairant des formes, ces lumières créent des ombres qui, visualisées au travers du filtre d’un écran de smartphone ou de tablette, révèlent alors des couleurs invisibles au regard. Des lampes LED fixées à des dispositifs circulaires suspendus éclairent des objets reposant sur quatre socles, créant divers effets d’ombre. Ces ombres, parfaitement ordinaires à l’œil nu, se colorisent lorsqu’on les photographie avec un smartphone ou une tablette. Les ombres des visiteurs sont également utilisées pour cette expérience visuelle d’un nouveau genre, dans un espace sonorisé. À travers la rencontre avec ces ombres qui révèlent un monde inconnu, l’œuvre interpelle le spectateur de manière poétique sur les potentialités et les dangers des sociétés contemporaines, où les hommes sont entourés d’éléments invisibles comme les ondes radio ou électromagnétiques.
Une dizaine de leurs projets plus anciens sont également à (re)découvrir en vidéo. Lasers, bras articulés de robot, drones ou fauteuils roulants dernière génération, constituent pour ces deux créateurs autant de moyens d’expression expérimentaux qu’ils utilisent en particulier dans les pièces chorégraphiées conçues par la chorégraphe Mikiko pour sa compagnie de danse contemporaine Elevenplay. Ils relèvent ainsi le défi d’investir les possibilités expressives de l’univers du divertissement.

Bref portrait des artistes. L’objectif de Daito Manabe et Motoi Ishibashi est de créer une zone de porosité entre le réel et le virtuel, de nous inciter à prendre conscience, à expé­rimenter la différence entre perception et réalité. Leurs installations et dispositifs interactifs et ludiques cherchent à stimuler l’imagination du public. Membres du groupe de créateurs Rhizomatiks, ils collaborent régulièrement avec des scientifiques et des spécialistes de nombreuses disciplines pour réaliser leurs projets. Loin du modèle classique de l’atelier d’artistes, le groupe fonde sa méthode de travail sur la synergie entre de multiples talents d’ex­ception. À la frontière des pratiques artistiques, des technologies de l’innovation et des problématiques socié­tales, les activités transversales de Manabe et Ishibashi constituent une autre façon d’interroger l’art et la création.

Transphère: une nouvelle série d’expositions à la Maison de la culture du Japon. À l’heure de la connexion permanente et de l’innovation qui régit notre quotidien, quel sens peuvent avoir une création et un art contemporains, qui sont les artistes d’aujourd’hui? Initiée par Aomi Okabe, Directrice artistique des expositions de la MCJP, la série Transphère ouvre le champ aux imaginaires d’artistes émergents et de talents confirmés originaires du Japon. Pendant trois ans (à raison de trois expositions par saison), cette invitation au voyage au cœur de la création contemporaine proposera une traversée des pratiques artistiques les plus diverses à l’œuvre aujourd’hui. Que connaît le public français de l’art contemporain japonais ? Exceptées quelques stars internationales telles que Yayoi Kusama et Takashi Murakami, les artistes de l’Archipel sont, dans leur immense majorité, presque inconnus en France, la création japonaise actuelle étant souvent résumée à des stéréotypes éculés : esthétique manga, érotisme sulfureux… Depuis son ouverture en 1997, la MCJP présente toutes les facettes de l’art japonais traditionnel, mais aussi contemporain. En témoignent par exemple en 2015 les expositions Fiber Futures – Les explorateurs de la création textile au Japon et Cosmos \ Intime – La collection Takahashi. La nouvelle série Transphère propose cependant d’opérer une véritable mue en transformant la MCJP en un lieu de production et de création contemporaines. En effet, chaque exposition de Transphère doit présenter une œuvre inédite. Cette nouvelle production, présentée aux côtés d’œuvres plus anciennes, transportera le public dans un univers à chaque fois radica­lement différent. Parfois, les artistes japonais invités pour l’occasion collaboreront avec des artistes venus d’autres horizons géographiques.

Commissaire d’exposition : Aomi Okaben, directrice artistique des expositions de la MCJP

Infos pratiques

Exposition du 16 mars au 7 mai 2016. Maison de la culture du Japon à Paris, 101 bis quai Branly – 75015 Paris. Ouverture du mardi au samedi sauf jours fériés de 12h à 20h.

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