© Centre d'art d'Istres
Musée - Expos
Animal Paradise
Animal Paradise se présente comme un parcours ludique inventé du 29 avril au 12 octobre sur le territoire de Ouest Provence, à explorer au travers d'oeuvres, parfois monumentales, reliées par le thème du bestiaire. Il débute dans le centre-ville d'Istres au centre d'art contemporain intercommunal, puis se développe dans les espaces de la cour du Musée, de l'Office du Tourisme et de l'atelier de la POPARTs jusqu'au Pavillon à Grignan et enfin à Grans dans l'Espace Robert Hossein.
Animal Paradise conjugue sur six mois d'exposition scénographiée avec des moments courts de présentation et des mouvements d'oeuvres d'un espace à un autre comme une réécriture permanente du dispositif et des rendez-vous événementiels et ponctuels.
Paradisus. Animal Paradise suggère une notion de lieu : Paradisus est ce parc clos où se trouvent des animaux sauvages, le parc des rois (emprunté à la Perse) qui dans l'antiquité correspond à des jardins délicieux. Ce retour à la définition première du terme paradis permet d'entrevoir, dans le parc clos où les rois pouvaient chasser à loisir, un lieu d'enfermement tel une réserve, un paradis créé par l'homme, artificiel et monstrueux. Le titre contient la complexité du sujet : loin d'être une représentation peluchée de l'arche de Noé version contemporaine, Animal Paradise prend le parti de proposer une réflexion sur l'ambiguïté du rapprochement homme-animal et des rapports qui les unissent. Proche et lointain, assujetti à l'homme, l'animal tient une place toute particulière dans notre société et notre imaginaire. Si la philosophie du 21e siècle redécouvre ce sujet, c'est pour mieux définir encore ce que l'on nomme humanité, face à l'animalité. La philosophie développe la nécessité d'un nouveau genre en son sein, « la philosophie animalière », considérant que si la question de l'animal a été fuie pendant des siècles par les philosophes, elle doit devenir centrale, afin que le discours puisse encore se revendiquer du domaine de la pensée humaine : « L'animal nous regarde et nous sommes nus devant lui. Et penser commence peut-être là » écrivait Derrida dans L'animal que donc je suis. Avec Naturalia et Artificialia, le centre d'art d'Istres instaure du 29 avril au 12 octobre un dialogue entre nature et culture, dans un parcours initié dès l'accueil jusqu'à la dernière salle.
En parallèle et aux mêmes dates, à Istres, la vitrine de l'atelier de la POPARTs réserve avec Cage Circus Fun un espace exigu à une saynète produite par John Deneuve où nous assistons à une scène figée où les animaux sont bien factices et d'une terrible immobilité. La vie est ailleurs, elle provient de la voix de Catherine Deneuve avec ses bribes de dialogues issues de scènes de films, qui vient distiller un univers surréaliste à l'installation sonore.
L'univers culturel du zoo et du parc animalier est rejoué avec Paradisius – Parc des Rois du 7 mai au 2 juin sur le site du Pavillon de Grignan comme une scène de théâtre. Le parc devient le théâtre d'un télescopage des temps reculés, des jungles indomptées et des temps modernes avec des espaces dédiés à la faune et à la flore comme curiosités naturelles. Un espace réservé y attend le visiteur, avec l'installation des chiliennes animalières de Lina Jabbour propices à la rêverie. La ménagerie s'invite dans une visite déambulatoire où les œuvres s'intègrent dans leur environnement. Dans les marécages le crocodile de Lionel Sabatté est tapi, s'immergeant dans le paysage. D'autres viennent se placer en rampant, des bêtes proto-historiques entre poissons et reptiles, comme nageant sur la terre. Le réalisme de certaines sculptures, comme le rhinocéros de Victoria Klotz, endormi au pied d'un arbre, piège le spectateur.
La cour du musée d'Istres accueille du 30 avril au 31 août le Théâtre zoologique où chaque enclos se veut le représentant d'une catégorie. La série d'oeuvres de Lionel Sabatté, Les poissons échoués, se présente comme des trouvailles archéologiques plaquées sur un cirque de plateau. Le plateau circulaire central devient la scène d'un zoo artistique où les œuvres se relaient selon un mode évolutif de présentation. Il accueille tour à tour Gorilla Gorilla de la famille des hominidae avec l'installation Ultimate de Christophe Blancard, et Hippopotamus, avec la sculpture de Pascal Bernier, Accident de chasse. Du 3 mai au 12 octobre, ces deux œuvres sont déplacées à l'Espace Robert Hossein de Grans.
Du 26 août au 6 septembre, l'Office du tourisme présentera Parties de chasse, où sur le thème du trophée, la chasse et l'animal se retrouvent réunis autour d'une tradition populaire. Il est ici revisité et détourné dans une version très proche de la nature avec la pièce naturalisée d'Antonio Gagliardi glissant vers une version ethnographique, avec le trophée-masque en tissu de Daniel Otero Torres et jusqu'à la version futuriste et robotisée de France Cadet.
La profusion de ces représentations va contribuer notamment à nous interroger sur une altérité éventuelle entre l'homme et l'animal mais surtout à ouvrir une réflexion sur le rapport dominant-dominé.
Infos pratiques
Pour toutes informations : Centre d'art contemporain intercommunal, 2 rue Alphonse Daudet – 13800 Istres. Tél. : +33 (0)4 42 55 17 10.