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Architecture - Patrimoine

Deux corsaires sous les mers

Les recherches des archéologues du Drassm ont permis de retrouver la mémoire de deux navires de course et de commerce échoués depuis trois siècles non loin de Saint-Malo, faisant ainsi mentir le poète «...le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, sur le sombre océan jette le sombre oubli...» (Victor Hugo, Oceano Nox)

 

Grâce à la fouille sous-marine exemplaire de la Natière (du nom des écueils situés en face du port de Saint-Malo), deux frégates, la Dauphine commandée en 1704 par le capitaine corsaire Michel Dubocage ainsi que L’Aimable Grenot, construite au milieu du XVIIIe siècle à Granville par un armateur privé, Léonor Couraye du Parc, n’ont plus de secrets pour nous.

 

Patrimoine sous-marin, patrimoine numérique
Bénéficiant d'une patiente et minutieuse étude archéologique des vestiges, les portraits robots des deux navires se sont lentement esquissés avant que leur confrontation avec les sources archivistiques permette finalement leur identification.

 

Le site Internet que le ministère de la Culture et de la Communication consacre à cette fouille offre une restitution 3D inédite de la Dauphine, qui vogue à nouveau sous forme numérique, trois siècles après son naufrage. Dans une scénographie originale, la publication rappelle le quotidien des marins, retrace les circuits d’échanges nationaux et internationaux, et évoque les figures de quelques grands capitaines et armateurs, cependant que s'imposent en toile de fond la guerre de course et les combats navals.

 

Parmi les objets mis au jour, beaucoup sont singuliers ou rarissimes : un fragment de quartier de Davis et un bâton de Jacob (instruments de navigation) ; une étonnante règle à calcul ou « échelle de canonnier », utile à déterminer le calibre des canons et à préciser leur usage ; une pipe encore entreposée dans son étui en bois en forme de pistolet ; un bateau en bois miniature fabriqué à partir d'une douelle de tonneau…

 

Une grande figure peu connue : Michel Dubocage (1676-1727)
Le site Internet évoque la figure du navigateur Michel Dubocage, qui sillonna au début du XVIIIe s. l’Atlantique et le Pacifique où il fit la découverte de l'île de Clipperton en 1711. Né en 1676 au Havre, Michel Dubocage s’engage précocement dans la marine où son courage lui vaut d’être nommé lieutenant de frégate à 16 ans puis capitaine corsaire dès 1702. Marin très expérimenté, il est choisi en 1707 par des armateurs dunkerquois pour accomplir un voyage d’exploration commerciale. Après la traversée de l’Atlantique puis un séjour de 14 mois dans le Rio de la Plata, Dubocage double le Cap Horn en janvier 1710 devenant ainsi l'un des premiers cap-horniers français. Il navigue ensuite plus d'un an sur la côte ouest de l’Amérique du Sud avant de traverser le Pacifique. C'est à cette occasion qu'il découvre le vendredi saint 3 avril 1711 une île qu'il nomme île de la Passion, aujourd'hui Clipperton.

 

Après avoir signé en Chine, à Xiamen, l'un des premiers traités commerciaux franco-chinois, Dubocage est de retour au Chili en 1713 d'où, après 3 ans, il reviendra en France le 23 août 1716. Fortune faite, il s'établit au Havre comme armateur et sauve la ville de la famine en 1726 avant de s'éteindre le 10 mai 1727.

 

Une fouille exemplaire
Conçu par Michel L’Hour et Elisabeth Veyrat du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), le site Internet détaille les nouvelles méthodes de travail et les techniques de fouille sous-marine sur ce chantier difficile qui s’est imposé comme un site de référence. Il fait partie de la collection multimédia « Grands sites archéologiques » éditée par le ministère de la Culture et de la Communication au sein du Département de l'enseignement supérieur, de la recherche et de la technologie (Secrétariat général / DREST), en collaboration avec la Direction générale des patrimoines.

 

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